Indicateur 5.3.4 - Indice de productivité
Indicateur d'appui
La productivité mesure le volume de production
par unité d'intrant. Les produits forestiers manufacturés
sont les produits en bois (p. ex., bois d'ouvre,
placages, panneaux, contenants et caisses) et les
pâtes et papiers (p. ex., papier journal, papiers fins
de diverses qualité, papiers d'emballage et cartons).
Les intrants ou facteurs de production nécessaires
sont la main-d'ouvre, le capital et la matière première
sous forme de billes et billons, de bois à pâte
ou de copeaux de bois. La productivité peut être
mesurée par la production ouvrière (c'est-à-dire la
productivité du travail) ou la productivité totale
des facteurs qui est la différence entre la croissance
de la production et une moyenne pondérée de la
croissance des intrants.
La croissance de la productivité est le meilleur moyen
de garantir la croissance économique à long terme
et le niveau de vie de la population canadienne.
Une entreprise accroît sa productivité en améliorant
l'utilisation d'un ou de plusieurs facteurs de production.
Ainsi, des investissements dans une nouvelle
technologie et du nouveau matériel peuvent remplacer
le travail par le capital, ce qui a pour effet
d'accroître la productivité du travail (c.-à-d. réduire
la quantité de travail par unité de production). De
même, les sommes investies dans la technologie afin
d'améliorer l'utilisation du bois (p. ex., réduire la
largeur de trait d'une scie pour réduire la quantité
de déchets de bois produite par une scierie) se traduiront
par une augmentation de la productivité de
la ressource. Ces améliorations auront à leur tour
pour effet de renforcer la compétitivité de l'industrie
et d'accroître la prospérité sociale. La croissance
de la productivité est un facteur très important de
la compétitivité à long terme de l'industrie canadienne
des produits forestiers sur les marchés
mondiaux.
Des données du Centre d'étude des niveaux du vie
(CENV), couvrant une période de 40 ans, ont été
utilisées pour analyser la croissance de la
productivité du travail dans les sous-secteurs de
l'exploitation et des services forestiers, des produits
en bois ainsi que du papier et produits connexes du
Canada (figure 5.3e).
Figure 5.3e Croissance de la productivité du travail dans les sous-secteurs de l'exploitation et des services forestiers, des produits en bois et de la fabrication du papier : comparaison avec l'ensemble de l'économie (1961-2000). (Source : CENV, 2004)
La croissance et la productivité du travail dans le
sous-secteur de l'exploitation et des services forestiers
a surpassé la moyenne de l'ensemble de l'industrie
jusqu'aux années 1990. Le fardeau réglementaire
s'est alourdi pendant les années 1990, et les coûts
d'exploitation forestière ont augmenté à mesure
que l'industrie se tournait vers des peuplements de
seconde venue et à plus faible productivité. Les prix
plus élevés des produits forestiers ont aussi probablement
entraîné l'exploitation de peuplements
autrefois considérés comme peu rentables, faisant
ainsi augmenter les coûts et réduisant la productivité.
Selon des données plus récentes basées sur un
regroupement légèrement différent des industries,
la croissance annuelle moyenne a été de 3,56 %
dans ce secteur de 1997 à 2002, comparativement à
3,5 % dans l'ensemble des industries.
Pendant la majeure partie des années 1970 et 1980,
le sous-secteur des produits en bois a affiché une
croissance de la productivité du travail supérieure à
la moyenne de l'ensemble des industries. Durant la
période de 40 ans couverte par l'étude, la productivité
moyenne dans ce sous-secteur a été de 2,7 %
comparativement à 1,9 % dans l'ensemble des industries.
Des données plus récentes montrent que la
productivité du travail a augmenté dans ce soussecteur
de 1997 à 2002 à un taux annuel moyen de
7,07 %, soit le double du taux moyen de l'ensemble
des industries.
Pendant la majeure partie des années 1960 et 1970,
la croissance de la productivité du travail dans le
sous-secteur de la fabrication du papier est restée
inférieure à la moyenne de l'ensemble des autres
industries. Elle a toutefois connu un regain et a augmenté
rapidement pendant les années 1990, probablement
sous l'effet des améliorations technologique
qui ont été apportées. De 1997 à 2002, la croissance
annuelle moyenne de la productivité du travail
dans ce sous-secteur a reculé pour atteindre 2,92 %.
Une certaine partie de la croissance de la productivité
de la dernière décennie est attribuable à l'introduction
de nouvelles technologies qui ont toutefois
entraîné des pertes d'emplois, notamment dans le
sous-secteur de la fabrication du papier (Indicateur
5.3.5). Cependant, ces nouvelles technologies ont
également permis d'améliorer l'utilisation du bois
récolté. Ainsi, le volume de bois récolté au Québec
en 1988 s'élevait à quelque 30 millions de mètres
cubes, soit à peu près le même qu'aujourd'hui. Durant
les années 1980, le Québec a toutefois amorcé un
virage technologique qui lui a permis d'abandonner
graduellement le procédé de fabrication de la pâte
à partir d'arbres de faible diamètre au profit d'un
procédé utilisant les copeaux produits par des
scieries. Ce changement technologique a exigé des
investissements considérables, mais a réduit le coût
d'approvisionnement en matière première des fabriques
de pâtes et papiers. Les ressources forestières
qui étaient allouées aux fabriques qui ont modifié
leur procédé de fabrication de la pâte ont alors été
affectées aux scieries. La possibilité d'accroître leurs
profits grâce à la transformation des arbres de faible
diamètre qui leur ont ainsi été alloués ont incité les
scieries à acquérir ou à mettre au point de nouvelles
technologies de sciage des petites billes. En l'espace
de 15 ans, avec l'aide d'organismes comme Forintek
et grâce aux trésors d'ingéniosité déployés à l'échelle
locale, le volume de bois d'ouvre produit à partir
du même volume de bois a doublé, tandis que la
production globale des pâtes et papiers a aussi
augmenté.