DIVERSITÉ BIOLOGIQUE ÉTAT ET PRODUCTIVITÉ DES ÉCOSYSTÈMES SOL ET EAU CONTRIBUTION AUX CYCLES ÉCOLOGIQUES PLANÉTAIRES AVANTAGES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX RESPONSABILITÉ DE LA SOCIÉTÉ
Avantages économiques Répartition des avantages Durabilité des avantages
Indicateur 5.3.1 - Récolte annuelle de produits ligneux par rapport au niveau de récolte jugé durable Indicateur 5.3.2 - Récolte annuelle de produits non ligneux par rapport au niveau de récolte jugé durable Indicateur 5.3.3 - Rendement du capital investi Indicateur 5.3.4 - Indice de productivité Indicateur 5.3.5 - Emplois directs, indirects et induits Indicateur 5.3.6 - Revenu moyen dans les principales catégories d'emploi
Indicateur 5.3.4 - Indice de productivité
Indicateur d'appui


La productivité mesure le volume de production par unité d'intrant. Les produits forestiers manufacturés sont les produits en bois (p. ex., bois d'ouvre, placages, panneaux, contenants et caisses) et les pâtes et papiers (p. ex., papier journal, papiers fins de diverses qualité, papiers d'emballage et cartons). Les intrants ou facteurs de production nécessaires sont la main-d'ouvre, le capital et la matière première sous forme de billes et billons, de bois à pâte ou de copeaux de bois. La productivité peut être mesurée par la production ouvrière (c'est-à-dire la productivité du travail) ou la productivité totale des facteurs qui est la différence entre la croissance de la production et une moyenne pondérée de la croissance des intrants.

La croissance de la productivité est le meilleur moyen de garantir la croissance économique à long terme et le niveau de vie de la population canadienne. Une entreprise accroît sa productivité en améliorant l'utilisation d'un ou de plusieurs facteurs de production. Ainsi, des investissements dans une nouvelle technologie et du nouveau matériel peuvent remplacer le travail par le capital, ce qui a pour effet d'accroître la productivité du travail (c.-à-d. réduire la quantité de travail par unité de production). De même, les sommes investies dans la technologie afin d'améliorer l'utilisation du bois (p. ex., réduire la largeur de trait d'une scie pour réduire la quantité de déchets de bois produite par une scierie) se traduiront par une augmentation de la productivité de la ressource. Ces améliorations auront à leur tour pour effet de renforcer la compétitivité de l'industrie et d'accroître la prospérité sociale. La croissance de la productivité est un facteur très important de la compétitivité à long terme de l'industrie canadienne des produits forestiers sur les marchés mondiaux.

Des données du Centre d'étude des niveaux du vie (CENV), couvrant une période de 40 ans, ont été utilisées pour analyser la croissance de la productivité du travail dans les sous-secteurs de l'exploitation et des services forestiers, des produits en bois ainsi que du papier et produits connexes du Canada (figure 5.3e).

Figure 5.3e

Figure 5.3e Croissance de la productivité du travail dans les sous-secteurs de l'exploitation et des services forestiers, des produits en bois et de la fabrication du papier : comparaison avec l'ensemble de l'économie (1961-2000). (Source : CENV, 2004)

La croissance et la productivité du travail dans le sous-secteur de l'exploitation et des services forestiers a surpassé la moyenne de l'ensemble de l'industrie jusqu'aux années 1990. Le fardeau réglementaire s'est alourdi pendant les années 1990, et les coûts d'exploitation forestière ont augmenté à mesure que l'industrie se tournait vers des peuplements de seconde venue et à plus faible productivité. Les prix plus élevés des produits forestiers ont aussi probablement entraîné l'exploitation de peuplements autrefois considérés comme peu rentables, faisant ainsi augmenter les coûts et réduisant la productivité. Selon des données plus récentes basées sur un regroupement légèrement différent des industries, la croissance annuelle moyenne a été de 3,56 % dans ce secteur de 1997 à 2002, comparativement à 3,5 % dans l'ensemble des industries.

Pendant la majeure partie des années 1970 et 1980, le sous-secteur des produits en bois a affiché une croissance de la productivité du travail supérieure à la moyenne de l'ensemble des industries. Durant la période de 40 ans couverte par l'étude, la productivité moyenne dans ce sous-secteur a été de 2,7 % comparativement à 1,9 % dans l'ensemble des industries. Des données plus récentes montrent que la productivité du travail a augmenté dans ce soussecteur de 1997 à 2002 à un taux annuel moyen de 7,07 %, soit le double du taux moyen de l'ensemble des industries.

Pendant la majeure partie des années 1960 et 1970, la croissance de la productivité du travail dans le sous-secteur de la fabrication du papier est restée inférieure à la moyenne de l'ensemble des autres industries. Elle a toutefois connu un regain et a augmenté rapidement pendant les années 1990, probablement sous l'effet des améliorations technologique qui ont été apportées. De 1997 à 2002, la croissance annuelle moyenne de la productivité du travail dans ce sous-secteur a reculé pour atteindre 2,92 %.

Une certaine partie de la croissance de la productivité de la dernière décennie est attribuable à l'introduction de nouvelles technologies qui ont toutefois entraîné des pertes d'emplois, notamment dans le sous-secteur de la fabrication du papier (Indicateur 5.3.5). Cependant, ces nouvelles technologies ont également permis d'améliorer l'utilisation du bois récolté. Ainsi, le volume de bois récolté au Québec en 1988 s'élevait à quelque 30 millions de mètres cubes, soit à peu près le même qu'aujourd'hui. Durant les années 1980, le Québec a toutefois amorcé un virage technologique qui lui a permis d'abandonner graduellement le procédé de fabrication de la pâte à partir d'arbres de faible diamètre au profit d'un procédé utilisant les copeaux produits par des scieries. Ce changement technologique a exigé des investissements considérables, mais a réduit le coût d'approvisionnement en matière première des fabriques de pâtes et papiers. Les ressources forestières qui étaient allouées aux fabriques qui ont modifié leur procédé de fabrication de la pâte ont alors été affectées aux scieries. La possibilité d'accroître leurs profits grâce à la transformation des arbres de faible diamètre qui leur ont ainsi été alloués ont incité les scieries à acquérir ou à mettre au point de nouvelles technologies de sciage des petites billes. En l'espace de 15 ans, avec l'aide d'organismes comme Forintek et grâce aux trésors d'ingéniosité déployés à l'échelle locale, le volume de bois d'ouvre produit à partir du même volume de bois a doublé, tandis que la production globale des pâtes et papiers a aussi augmenté.