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Indicateur 5.3.3 - Rendement du capital investi
Indicateur de base
Le rendement du capital investi (RCI) est une mesure clé de la performance et de la santé financières d'une industrie. C'est un ratio qui indique l'efficacité et la rentabilité des investissements en capital d'une entreprise ou d'une industrie. On le calcule en divisant le bénéfice avant intérêts et impôts (BAII) par la différence entre le total des actifs et le passif à court terme. Comme le BAII correspond en fait à la différence entre les revenus et les dépenses (excluant les paiements d'intérêts et les versements d'impôts), le RCI est essentiellement le rapport entre les revenus nets et les actifs nets. Dans une industrie très concurrentielle et très capitalistique, comme le sont les principaux segments de l'industrie des produits forestiers, le RCI est un meilleur baromètre de la performance financière que le bénéfice net. Dans un environnement commercial viable, le RCI doit toujours être plus élevé que le taux auquel l'entreprise emprunte, sinon tout emprunt réduira le bénéfice net des actionnaires. L'importance du RCI comme indicateur de la viabilité financière d'une industrie tient aussi au fait qu'il est plus difficile d'attirer des investissements privés dans une industrie dont le rendement du capital investi est faible. Le RCI dans le secteur de la transformation du bois et de la fabrication du papier a affiché un profil cyclique de 1988 à 2004 (figure 5.3b). De 1988 à 1998, il a varié considérablement autour de la moyenne du RCI de toutes les branches d'activité. Il a cependant suivi de près ce RCI, avec une moyenne de 6,62 % pour la période de 1998 à 2004.
Figure 5.3b Moyenne annuelle (1988-2004) du rendement du capital investi (%) dans le secteur de la transformation du bois et de la fabrication du papier. (Source : Statistique Canada, 2005a) Données Mises à jour : PDF | Excel Un examen plus approfondi des données sur les divers sous-secteurs de l'industrie forestière4 montre clairement que le RCI dans les industries du bois d'ouvre et de l'exploitation forestière a été très cyclique (figure 5.3c). Après avoir affiché, avec un certain retard, une légère remontée après la récession, soit en 1998-1999, il a recommencé à baisser en 2000 et 2001. L'industrie des panneaux de bois a également vu baisser son RCI depuis le début des années 1990, époque à laquelle elle avait eu le RCI annuel le plus élevé de tous les soussecteurs. Son RCI a remonté brièvement en 1998-1999 pour ensuite baisser à nouveau au cours des années suivantes, tout comme celui dans les industries du bois d'ouvre et de l'exploitation forestière. En 2002, l'année la plus récente pour laquelle des données sont disponibles, le RCI dans l'industrie des panneaux de bois était comparable à la moyenne du RCI dans l'ensemble du secteur. Cependant, le bois d'ouvre et les panneaux de bois semblent généralement avoir enregistré de meilleurs résultats que les pâtes et papiers pour ce qui est du RCI, en partie en raison de la plus forte intensité de capital du sous-secteur des pâtes et papiers. Certes, au cours des dernières années, l'insuffisance chronique des investissements en capital, conjuguée à la faiblesse des prix des pâtes et papiers, s'est soldée par de faibles rendements, voire par des fermetures d'usines. Les producteurs de bois d'ouvre et de panneaux ont profité quant à eux de prix plus élevés et d'investissements en capital plus importants et ont donc affiché de meilleurs rendements au cours des dernières années.
Figure 5.3c Comparaison du rendement du capital investi (%) dans les sous-secteurs. PB = pâte de bois; PJ-PICPM= papier journal et papiers d'impression non couchés à base de pâte mécanique; AP-C = autres papiers et cartons; BO-OP = bois d'ouvre et opérations forestières; PAN = panneaux. (Source : APFC, 2003) Il est important de comparer la performance financière des entreprises forestières du Canada avec celle des autres pays forestiers, car elle contribue à évaluer à quel point le Canada peut attirer des investissements en capital par rapport à ses concurrents. Selon les données disponibles sur l'évolution du RCI des 100 entreprises forestières les plus performantes du monde en 2003 et répertoriées dans le plus récent sondage sur le secteur à l'échelle mondiale (Pricewaterhouse Coopers, 2004), seulement 17 % d'entre elles ont atteint ou dépassé la norme de 10 % ou plus fixée par l'industrie et 69 % ont déclaré un RCI inférieur à 7 %. Dans l'ensemble, la moyenne du RCI des 100 entreprises forestières les plus performantes était de 4,2 %. En utilisant le Canada comme point de repère (valeur indice de 1,0), on a comparé l'évolution du RCI du Canada, des États-Unis, de la Suède et de la Finlande. En 2003, la Suède se classait au premier rang, suivie des États-Unis. La performance du Canada et de la Finlande était similaire (figure 5.3d).
Figure 5.3d Comparaison à l'échelle internationale (Canada = 1,00) de l'évolution du rendement du capital investi. (Source : Pricewaterhouse Coopers, 2004)5 Cependant, à l'échelle internationale, les entreprises canadiennes ont parfois des difficultés à attirer des investissements face à leurs concurrents des autres pays qui affichent systématiquement un RCI plus élevé. Le secteur forestier, notamment le soussecteur des pâtes et papiers, est généralement une industrie dont les dépenses en immobilisations sont élevées, et il est difficile d'attirer et de justifier des investissements en raison de la fiche du RCI du Canada qui est moins bonne que celle de la concurrence internationale. Cette situation a des effets négatifs sur l'industrie forestière canadienne et sur les avantages économiques qu'elle procure à la population canadienne. 4. Statistique Canada ne dispose pas de données sur le RCI, ventilées par sous-secteur individuel du secteur forestier, autres que celles sur la catégorie combinant la transformation du bois et la fabrication du papier. Pour suppléer à cette lacune, les sources de données suivantes ont été utilisées : l'Association des produits forestiers du Canada (APFC, 2003), une étude de Pricewaterhouse Coopers, L'industrie forestière au Canada 2002, et ses éditions précédentes. Il faut interpréter ces données avec prudence en raison des différences dans les méthodologies utilisées pour recueillir les données et dans la portion de l'industrie visée par les deux sources de données. 5. Cette source de données n'est pas la même que celle de la figure 5.3c puisque ce sondage n'examine que les 100 plus grandes entreprises forestières et papetières au monde selon l'importance de leurs ventes. |