DIVERSITÉ BIOLOGIQUE ÉTAT ET PRODUCTIVITÉ DES ÉCOSYSTÈMES SOL ET EAU CONTRIBUTION AUX CYCLES ÉCOLOGIQUES PLANÉTAIRES AVANTAGES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX RESPONSABILITÉ DE LA SOCIÉTÉ
Avantages économiques Répartition des avantages Durabilité des avantages
Indicateur 5.1.1 - Contribution des produits ligneux au produit intérieur brut Indicateur 5.1.2 - Valeur des produits ligneux de seconde transformation par volume récolté Indicateur 5.1.3 - Production, consommation, importations et exportations de produits ligneux Indicateur 5.1.4 - Contribution des produits non ligneux et des services forestiers au produit intérieur brut Indicateur 5.1.5 - Valeur des produits non ligneux et des services forestiers non commercialisés
5.1 Avantages économiques
Les forêts du Canada procurent une vaste gamme d’avantages, comme des produits ligneux et non ligneux, des loisirs et des industries de services, qui revêtent une importance nationale et internationale. Les produits non ligneux et à valeur ajoutée devraient jouer un rôle économique de plus en plus important dans le secteur des forêts canadien, mais le Canada demeure le plus important exportateur de produits forestiers au monde. La part du marché international des produits forestiers que détiendra le Canada et la compétitivité de son industrie forestière dépendront de sa capacité de s’adapter aux changements sur les marchés national et mondiaux à une époque où on s’attend de plus en plus à ce que les forêts soient aménagées pour d’autres usages que la production de bois.

Grâce à la production et à la commercialisation efficaces de ses produits forestiers et à sa proximité du marché des États-Unis, le Canada a profité d’excellentes possibilités économiques. Ces avantages continueront de fournir à des milliers de Canadiennes et de Canadiens de bons emplois et de bons revenus. Toutefois, la faiblesse des prix des produits et la nouvelle concurrence mondiale livrée par les sources de fibres moins coûteuses posent de nouveaux défis à l’industrie forestière. Pour relever ces défis, il faut sans cesse améliorer le développement de nouveaux produits, diversifier ses marchés, être compétitif sur le plan des coûts, améliorer la qualité, perfectionner les travailleurs et rendre des comptes au public. Cependant, il est possible d’accroître les produits et services tirés du secteur des forêts.

La richesse engendrée par l’utilisation des forêts circule dans la population canadienne grâce à l’économie de marché et peut être mesurée à l’aide d’indicateurs économiques, comme le produit intérieur brut. Elle provient également de l’économie de subsistance et est constituée des avantages non financiers tirés de l’extraction et de l’utilisation de bois de chauffage, de matériaux de construction, de viande, de poisson et d’articles en fourrure ainsi que des écoservices.

Les ventes des produits ligneux ont été estimées à 77 milliards de dollars en 2003. La contribution de l’industrie forestière au produit intérieur brut canadien (Indicateur 5.1.1) s’élevait à 2,9 % en 2005, soit un peu moins qu’en 1991. Cette stabilité de la dernière décennie contraste avec le déclin graduel qui a caractérisé les précédentes. En moyenne, la croissance de l’industrie forestière a été moindre que celle du reste de l’économie canadienne. Il semble toutefois que la situation se soit stabilisée au cours de la dernière décennie, même si une variabilité considérable s’observe d’un secteur à l’autre.

Les milliers de produits forestiers ligneux sont divisés en deux catégories de base : les produits de première transformation, issus de la transformation de la matière première, et les produits de seconde transformation, issus de la transformation des produits de première transformation. L’Indicateur 5.1.2 montre que la différence entre la valeur des expéditions et le coût des intrants intermédiaires, également appelée valeur ajoutée, a augmenté moins rapidement dans l’industrie de première transformation que dans l’industrie de seconde transformation entre 1995 et 2002. En fait, cette dernière représentait 16 % de la valeur ajoutée totale en 1995 et 31 % en 2003. Cette croissance de l’industrie de seconde transformation fait augmenter les avantages économiques tirés de chaque mètre cube de bois récolté. L’industrie de seconde transformation n’est pas répartie également au Canada. En 2003, elle représentait 49 % de la valeur ajoutée de l’industrie forestière ontarienne, 33 % de celle du Québec, 19 % de celle de l’Alberta, 13 % de celle de du Nouveau-Brunswick et 12 % de celle de la Colombie-Britannique.

Le Canada exporte une très faible proportion de ses ressources forestières non transformées et, à vrai dire, c’est un importateur net de bois, mais il transforme une quantité de produits forestiers très supérieure aux besoins de son marché intérieur (Indicateur 5.1.3). Selon les calculs effectués à l’aide du modèle d’entréessorties de Statistique Canada, 79 % des produits ligneux finis transformés au pays étaient destinés à l’exportation en 1999. Le secteur forestier est toujours celui qui contribue le plus à la balance commerciale positive du Canada.

Les forêts sont non seulement une source de matière ligneuse, mais elles abritent également une faune et une flore qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Elles contribuent à maintenir la quantité et la qualité de l’eau, préviennent l’érosion des sols et constituent un puits de carbone qui stocke les gaz à effet de serre. Certains produits sont commercialisés, mais d’autres ne le sont pas, rendant difficile l’évaluation de leur contribution à l’économie canadienne.

L’Indicateur 5.1.4 mesure la contribution des produits non ligneux et des services forestiers au produit intérieur brut. Parmi les produits non ligneux commercialisés figurent des produits alimentaires sauvages, certains matériaux de fabrication, des produits de santé et d’hygiène personnelle, des articles décoratifs, des produits écologiques, etc. Il est certes possible d’évaluer théoriquement leur contribution à l’économie canadienne, mais, dans la pratique, les données sur ces produits sont rarement disponibles et, le cas échéant, souvent incomplètes. Cependant, toutes les études s’entendent pour dire que les données sont trop souvent insuffisantes.

Enfin, certains produits et services forestiers ne sont vendus sur aucun marché. L’Indicateur 5.1.5 mesure la valeur des produits ligneux et des services forestiers non commercialisés. L’importance de ces produits n’est certes pas contestée, mais leur valeur est difficile à estimer. Ainsi, la présence d’arbres près d’un cours d’eau ou sur une pente abrupte peut avoir une telle importance pour la lutte contre l’érosion du sol que leur coupe est interdite. La valeur des forêts comme puits de carbone qui assimilent les gaz à effet de serre en est un autre exemple. Enfin, les parcs boisés attirent chaque année des millions de visiteurs, mais puisque leur accès est souvent gratuit ou presque, cette valeur récréative est difficile à évaluer. Cependant, il ne faut pas négliger la contribution de ces produits simplement en raison de la difficulté rattachée à l’estimation de leur valeur.

La croissance du secteur de la seconde transformation et des produits non ligneux, conjuguée à la contribution importante et soutenue des produits de première transformation, montre que toutes les ressources forestières du Canada procurent à la population canadienne d’importants avantages économiques.