DIVERSITÉ BIOLOGIQUE ÉTAT ET PRODUCTIVITÉ DES ÉCOSYSTÈMES SOL ET EAU CONTRIBUTION AUX CYCLES ÉCOLOGIQUES PLANÉTAIRES AVANTAGES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX RESPONSABILITÉ DE LA SOCIÉTÉ
Avantages économiques Répartition des avantages Durabilité des avantages
5.1 Avantages économiques 5.2 Répartition des avantages 5.3 Durabilité des avantages Bibliographie
Les forêts sont source d’avantages commerciaux substantiels, y compris de produits ligneux, de produits non ligneux, d’eau et de tourisme, ainsi que d’avantages non commerciaux importants, notamment sur le plan de la faune, des loisirs, de l’esthétique et de la nature sauvage. Même si leur valeur pécuniaire ne peut pas toujours être mesurée, toutes ces activités ont une très grande valeur pour la population canadienne et constituent des atouts importants pour la société. La répartition de ces avantages entre les citoyens est l’un des principaux aspects de l’équité sociale. L’aménagement forestier durable doit s’effectuer de manière à ce que les forêts puissent fournir un large éventail de biens et de services à long terme. Ces aspects de la durabilité sont examinés dans le cadre des trois éléments de ce critère : les avantages économiques tirés des forêts du Canada, la répartition des avantages et la durabilité des avantages.

L’Élément 5.1 met en évidence les avantages économiques substantiels que tire la population canadienne des forêts. Selon les données les plus récentes, les ventes de produits ligneux s’élèvent à 77 milliards de dollars, et la contribution de l’industrie forestière au produit intérieur brut canadien, à 2,9 %. La croissance de l’industrie forestière a été inférieure à celle du reste de l’économie canadienne pendant plusieurs décennies, mais est, en moyenne, maintenant similaire. L’industrie de seconde transformation du bois a également connu une croissance marquée depuis 1995, contribuant à améliorer les avantages économiques tirés de chaque mètre cube de bois récolté. Selon un modèle de 1999 de Statistique Canada, près de 80 % des produits ligneux finis transformés au Canada sont destinés à l’exportation.

En plus d’être une source de matière ligneuse, les forêts du Canada fournissent une variété de produits non ligneux. Parmi les produits non ligneux commercialisés figurent des produits alimentaires sauvages, certains matériaux de fabrication, des produits de santé et d’hygiène personnelle, etc. Malgré le manque de données économiques probantes sur ces produits, il est évident que la valeur du secteur connaît une croissance rapide. De plus, certains produits et services de la forêt, comme les écoservices ou fonctions écologiques, ne sont vendus sur aucun marché, rendant leurs retombées économiques encore plus difficiles à évaluer. Cependant, il ne faut pas négliger ces produits parce qu’il est difficile de calculer leur valeur.

Toutefois, l’aménagement forestier durable exige également de tenir compte de la répartition des avantages dans la société. L’Élément 5.2 va au-delà de la contribution du secteur forestier au PIB et examine la propriété et la tenure des forêts et la répartition des principaux avantages financiers.

L’extraction durable par des intérêts privés des ressources forestières principalement situées sur les terres publiques a toujours été un élément clé de la politique forestière au Canada, et les tenures forestières sont le type de mécanisme élaboré pour atteindre cet objectif. Au Canada, la plupart des tenures sont fondées sur un volume, mais de nouveaux modes de tenures ont été adoptés depuis 1990, souvent afin de rendre les ressources forestières plus accessibles aux petites et moyennes entreprises et aux collectivités. Les peuples autochtones du Canada obtiennent également un meilleur accès à la ressource, redonnant ainsi lentement aux forêts l’importance qu’elles ont déjà eue dans leur économie.

Une part importante de la richesse tirée du secteur forestier revient aux travailleurs, aux entreprises forestières et aux gouvernements. Toutefois, malgré cette répartition à grande échelle des avantages économiques, les nouveaux modes de tenure devraient engendrer d’autres améliorations qui faciliteront la participation des collectivités et des peuples autochtones à l’aménagement des forêts.

L’Élément 5.3 aborde la durabilité des avantages tirés des forêts du Canada. Les objectifs de durabilité économique, sociale et environnementale seront atteints par un niveau d’utilisation des ressources qui ne dépasse pas la capacité des ressources disponibles de fournir un large éventail de biens et de services. Il est certes toujours difficile d’évaluer si l’extraction de nombreux produits forestiers non ligneux est pratiquée de manière durable, mais des recherches sont en cours pour mieux comprendre leurs possibilités de gestion et les impacts de leur récolte. L’extraction des produits ligneux est encore à des niveaux inférieurs à la possibilité annuelle de coupe prescrite.

Au Canada, le taux de rendement du capital investi (RCI) dans le secteur forestier a été en moyenne moindre que dans le secteur manufacturier et l’ensemble de l’économie pendant la majeure partie des années 1980 et du début des années 1990, mais s’est amélioré à la fin des années 1990. On observe des variations cycliques considérables des rendements et une grande variation entre les sous-secteurs, lesquelles correspondent aux différences sur le plan des besoins en matière d’investissements en capital et dans les prix des produits. En règle générale, l’aménagement, l’extraction et la transformation des ressources génèrent des centaines de milliers d’emplois directs, indirects et induits au Canada, et les travailleurs du secteur jouissent de salaires moyens plus élevés que ceux d’autres industries manufacturières. Depuis peu, la productivité est également supérieure à la moyenne de tous les secteurs d’activité nationaux. Cependant, le secteur sera confronté à des difficultés considérables au cours des prochaines années, et de nombreuses usines seront en butte à de faibles rendements et à une concurrence mondiale de plus en plus vive.

Les forêts du Canada offrent une grande diversité de produits et d’avantages, comme du bois d’œuvre de dimensions courantes, du papier, des médicaments, des produits à valeur ajoutée et des industries de services. Le Canada est le plus important exportateur de produits forestiers au monde et, pour le demeurer, il devra continuer à s’adapter et à évoluer. Les produits forestiers non ligneux et à valeur ajoutée représentent maintenant une part grandissante des exportations canadiennes de produits forestiers et jouent un rôle important dans l’avenir économique du secteur au Canada. Les gouvernements, l’industrie et les collectivités ont tous un rôle important à jouer et ils ont intérêt à assurer à la population canadienne des avantages économiques durables.