ÉLÉMENT 4.1Cycle du carbone
Les arbres des forêts assimilent et stockent le CO2 de l’atmosphère et le transforment, par photosynthèse, en glucides, substances nécessaires à leur croissance, puis le rejettent dans l’atmosphère sous l’effet de la décomposition, du feu et d’autres processus. Les forêts jouent donc un rôle clé dans le cycle mondial du carbone et la situation climatique. Toute augmentation des stocks de carbone dans les écosystèmes forestiers pourrait contribuer à l’atténuation des changements climatiques. Le modèle du bilan du carbone pour le secteur forestier canadien, mis au point et exploité par le Service canadien des forêts avec l’aide des gouvernements provinciaux et territoriaux, permet de suivre ces échanges et leurs répercussions sur la quantité totale de carbone stockée dans les écosystèmes forestiers du Canada. Ce modèle sert de fondement aux Indicateurs 4.1.1 et 4.1.2, qui décrivent les échanges de stocks de carbone dans le temps et la quantité totale de carbone stockée dans les forêts du Canada. À l’heure actuelle, les chercheurs canadiens s’emploient à perfectionner le modèle canadien du bilan du carbone afin de pouvoir mieux en rendre compte à l’avenir, de sorte que les résultats nationaux n’étaient pas encore disponibles au moyen de la préparation du présent rapport. Une fois terminé, ce modèle amélioré du bilan du carbone reposera sur les connaissances scientifiques les plus récentes et sera compatible avec d’autres processus nationaux de diffusion de l’information sur le carbone forestier, comme la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et le Protocole de Kyoto. Il fournira également des données cohérentes qui faciliteront les comparaisons entre les rapports périodiques sur les indicateurs et il permettra l’inclusion de données révisées ou nouvelles, comme celles produites par le nouvel Inventaire forestier national. Puisque les données ne sont pas encore disponibles, il est impossible d’évaluer convenablement les effets de la modification des stocks de carbone sur la durabilité des forêts du Canada. Les Indicateurs 4.1.1 et 4.1.2 se concentrent plutôt sur une étude de cas fondée sur l’écozone des plaines boréales en Saskatchewan et au Manitoba. Les forêts du Canada sont la source d’une solide industrie forestière. Lors de l’extraction des produits ligneux de la forêt, le carbone présent dans les arbres est transféré dans ces produits et y reste emprisonné pendant des jours, des années, voire des décennies, selon leur mode de transformation et d’utilisation (Indicateur 4.1.3). Par conséquent, même si l’exploitation des forêts ne rejette pas immédiatement de carbone dans l’atmosphère, les produits forestiers finiront par en rejeter. Il est donc important de comprendre le cycle de vie du carbone dans les produits forestiers pour mieux connaître les effets potentiels de ce carbone sur le bilan global du pays. Même si leurs effets sont beaucoup moins importants que les autres composantes du cycle du carbone, les stocks de carbone des produits forestiers sont à la hausse depuis le début des années 1990. L’industrie forestière consomme de grandes quantités d’énergie pour exploiter, transporter et transformer du bois en produits forestiers. De ce fait, le secteur forestier est le plus grand consommateur industriel d’énergie au Canada et émet des quantités considérables de GES (Indicateur 4.1.4). Ses émissions sont certes élevées (émissions directes plus les émissions indirectes dues aux achats d’électricité), mais elles étaient demeurées en 2002 au niveau de 1980 malgré une augmentation de 23 % de la consommation d’énergie et de 30 % de la production de pâtes et papiers. Les améliorations importantes apportées en matière d’efficacité énergétique et l’utilisation accrue de combustibles plus propres, comme la bioénergie, ont contribué à limiter l’augmentation des émissions et de la consommation d’énergie. La longévité et la vaste étendue des peuplements peuvent faire des écosystèmes forestiers des éléments particulièrement bien adaptés au maintien d’un bilan du carbone positif à long terme. En revanche, la conversion de forêts en peuplements à faible biomasse, à courte durée de vie et à taux de renouvellement rapide ou l’élimination permanente du couvert forestier peut réduire la capacité d’assimilation et de stockage de carbone des terres. C’est pourquoi l’information sur la superficie des forêts (Indicateur 1.1.1), sur les superficies forestières ajoutées et perdues (Indicateur 2.2) ainsi que sur les superficies perturbées par les incendies, les insectes, les maladies et la récolte (Indicateur 2.3) fournissent des données additionnelles importantes lorsqu’il est question de la contribution des forêts au bilan planétaire du carbone. |