DIVERSITÉ BIOLOGIQUE ÉTAT ET PRODUCTIVITÉ DES ÉCOSYSTÈMES SOL ET EAU CONTRIBUTION AUX CYCLES ÉCOLOGIQUES PLANÉTAIRES AVANTAGES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX RESPONSABILITÉ DE LA SOCIÉTÉ
Indicateur 2.1 Volume total sur pied des essences commerciales et non commerciales du territoire forestier Indicateur 2.2 Superficies forestières ajoutées et perdues, selon la cause Indicateur 2.3 Superficies forestières perturbées par les incendies, les insectes, les maladies et la récolte Indicateur 2.4 Superficies forestières dont les fonctions sont altérées par l'ozone et les pluies acides Indicateur 2.5 Proportion des aires de coupe qui s'est bien régénérée
Indicateur 2.2 - Superficies forestières ajoutées et perdues, selon la cause
Indicateur de base


Pour déterminer si l'aménagement des forêts du Canada est durable, il ne suffit pas uniquement de connaître le volume de bois qui est disponible et qui a été récolté ainsi que la superficie qui est reboisée chaque année. Il est également important de connaître les fluctuations des ressources forestières dans le temps et les raisons de ces fluctuations, surtout lorsque leurs causes peuvent engendrer l'acroissement ou le décroissement plus ou moins permanent de la superficie du territoire forestier du Canada.

Le territoire forestier du Canada a subi au fil du temps d'importants changements de vocation, provoqués surtout par l'expansion de l'agriculture et l'urbanisation. La construction de chemins forestiers permanents y a également fait augmenter la superficie déboisée.

Concentrée dans le Sud du Canada, la conversion de forêts en terrains agricoles et urbains est probablement la principale cause ayant mené à la mise en péril et à la disparition de plusieurs espèces associées aux forêts. Les opérations forestières et d'autres types de perturbations anthropiques, comme l'exploitation minière et l'extraction de pétrole et de gaz, peuvent également être à l'origine de déboisement, quoique à une échelle plus réduite, et peuvent avoir des impacts sur la diversité biologique. Puisque les forêts remplissent des fonctions écologiques, comme l'assainissement de l'eau et la lutte contre l'érosion, l'accroissement ou le décroissement des superficies affecteront également la conservation du sol et de l'eau. De plus, étant donné que les écosystèmes forestiers servent de puits et de sources de carbone, il est capital de suivre l'évolution des superficies forestières ajoutées et perdues afin de contribuer à évaluer la capacité du Canada de remplir ses engagements en vertu du Protocole de Kyoto.

Dans le cadre du Plan d'action 2000 sur le changement climatique, l'Étude de faisabilité sur le boisement comme mode de piégeage du carbone (FAACS) a estimé les niveaux historiques de boisement au Canada de 1990 à 2001. En collaboration avec les gouvernements provinciaux, l'industrie et des organisations non gouvernementales, les Centres de foresterie régionaux du Service canadien des forêts (SCF) ont compilé des données sur l'emplacement, l'étendue et les caractéristiques des projets de boisement qui ont été entrepris sur des terrains privés. Les données, qui proviennent principalement d'ensembles de données sur la couverture des terres, de dossiers historiques de programmes de plantation et des connaissances locales, ont été versées dans l'Inventaire national du boisement du SCF. Pendant la période à l'étude, la superficie boisée chaque année au Canada (nouvelles forêts) a diminué graduellement, passant d'un maximum dépassant les 10 000 ha en 1990 à quelque 67 000 ha en 2001 (figure 2.2a).

Figure 2.2a

Figure 2.2a Estimation de la superficie annuelle de boisement (1990-2001).
Données Mises à jour : PDF | Excel


Le volet Démonstration et évaluation de plantations (DEP) de Forêt 2020 du gouvernement du Canada est un projet récent qui étudie le potentiel de piégeage du carbone qu'offre le boisement. Cette initiative de 20 millions de dollars et d'une durée de deux ans comporte un volet de démonstration qui montre comment les plantations d'arbres à croissance rapide peuvent aider le Canada à remplir ses engagements en matière de changement climatique. De 2003 à 2005, le volet DEP de Forêt 2020 établira 6000 ha de plantations de démonstration sur des terres rurales appropriées.

Les données sur les taux de déboisement au Canada sont rares. Robinson et al. (1999) ont été les derniers à tenter de déterminer la superficie totale déboisée chaque année, selon les causes. Leur étude présentait des estimations minimales et maximales des superficies déboisées chaque année de 1990 à 1998 (tableau 2.2a). Même leur estimation la plus basse des superficies annuelles déboisées n'est pas compensée par les efforts actuels de boisement, laissant supposer que des dizaines de milliers d'hectares peuvent perdre leur vocation forestière chaque année.

Tableau 2.2a Estimation des superficies annuelles de déboisement, par secteur (adapté de Robinson et al., 1999)
Secteur Estimation minimale (ha/an) Estimation maximale (ha/an)

Agriculture 10 300 30 800
Foresteriea 21 600 21 600
Développement urbain 3 600 3 600
Industrie et transports 19 100 24 000
Loisirs <100 500
Total 54 700 80 500
aRésultant de la construction de chemins forestiers permanents.


On tente actuellement d'améliorer les estimations des taux de déboisement et de boisement. L'élaboration de méthodes et de systèmes permettant de rendre compte des superficies forestières ajoutées et perdues, selon la cause, a beaucoup progressé depuis 2000. Cette démarche est effectuée dans le cadre de la mise au point d'un système national de surveillance, de comptabilisation et de déclaration du carbone forestier pour le Canada. Des chercheurs mettent actuellement à l'essai une méthode de cartographie du déboisement qui fait appel à des images-satellites et à des photo- graphies aériennes de provinces, territoires et zones écologiques variés. Ces activités seront intégrées à l'Inventaire forestier national et à d'autres programmes de surveillance afin d'améliorer sensiblement les déclarations futures sur l'accroissement et le décroissement des superficies forestières canadiennes.

La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC, 2001) définit certains des termes généralement utilisés dans les débats sur l'extension ou la régression des superficies forestières et qu'il faut comprendre pour cerner ces questions :

le déboisement est la conversion anthropique directe de terres forestières en terres non forestières;

le reboisement ne comprend pas la régénération après la récolte, mais désigne le rétablissement d'une forêt sur un terrain qui avait précédemment porté une forêt mais qui n'en avait pas en 1989;

le boisement est la création d'une forêt sur une terre qui n'a pas porté de forêt depuis au moins 50 ans.

Aux fins du présent indicateur, le terme boisement désigne à la fois le boisement et le reboisement.