Indicateur 2.1 - Volume total sur pied des essences commerciales et non commerciales du territoire forestier
Indicateur de base
L'Indicateur 2.1 constitue l'un des indicateurs les
plus fondamentaux de la durabilité des forêts dans
les régions où du bois est susceptible d'être récolté,
car il mesure le volume actuel de bois disponible dans
les forêts du Canada. Cet indicateur peut être corrélé
au volume récolté annuellement, et les augmentations
ou diminutions du volume total peuvent être suivies
dans le temps. Si le volume total du matériel sur pied
semble décliner avec le temps, la base productive
générale de la forêt pourrait également être en déclin.
Il existe des liens évidents entre cet indicateur et
l'Indicateur 5.3.1, récolte annuelle des produits ligneux
par rapport au niveau de récolte jugé durable,
puisque ce dernier influe sur le volume de bois
disponible.
La forêt commercialisable comprend toutes les
essences dont le bois a une valeur marchande et
présente des caractéristiques marchandes minimales,
peu importe si elles se trouvent dans des aires protégées
ou non. La forêt non commercialisable comprend
les essences dont le bois n'a pas de réelle valeur
marchande (mais qui peuvent avoir une valeur non
ligneuse, comme les diverses espèces d'if, une source
du Taxol
®, un médicament anti-cancéreux) et les
essences commercialisables dont les arbres ne satisfont
pas aux normes minimales d'utilisation établies
par les provinces et les territoires. Le volume de bois
des essences commercialisables et non commercialisables
est une mesure de la productivité de l'écosystème.
Quatre des 15 écozones du Canada - à savoir, le
bouclier boréal, la cordillère montagnarde, la maritime
du Pacifique et les plaines boréales - renferment
plus de 81 % du volume marchand des forêts
du pays (tableau 2.1a). Comme il fallait s'y attendre,
ces mêmes écozones représentent aussi 86 % du territoire
forestier avec accès du Canada, c'est-à-dire les
forêts où une voie de transport (route, voie ferrée
ou cours d'eau) est présente sur le territoire faisant
l'objet du relevé. La superficie du territoire forestier
avec accès indique les forêts qui sont les plus
susceptibles d'être aménagées.
Tableau 2.1a Volume de bois marchand (m3) par écozone (Source : IFCan, 2001)
| Écozone |
Total |
Avec accès |
Sans accès |
|
| Cordillère arctique |
176 215 |
0 |
176 215 |
| Haut-Arctique |
3 546 903 |
21 949 |
3 524 954 |
| Bas-Arctique |
20 848 286 |
641 913 |
20 206 373 |
| Taïga des plaines |
1 365 387 827 |
388 920 053 |
976 467 774 |
| Taïga du Bouclier |
697 093 781 |
54 376 500 |
642 717 281 |
| Bouclier boréal |
10 871 994 351 |
6 476 712 955 |
4 395 281 396 |
| Maritime de l'Atlantique |
1 445 796 376 |
1 426 791 645 |
19 004 731 |
| Plaines à forêts mixtes |
338 721 851 |
337 301 450 |
1 420 401 |
| Plaines boréales |
3 390 490 518 |
2 415 256 706 |
975 233 812 |
| Prairies |
120 800 098 |
120 709 533 |
90 565 |
| Taïga de la cordillère |
42 306 703 |
4 316 778 |
37 989 925 |
| Cordillère boréale |
1 213 284 072 |
276 773 052 |
936 511 020 |
| Maritime du Pacifique |
3 598 960 598 |
2 390 553 113 |
1 208 407 485 |
| Cordillère montagnarde |
5 817 410 718 |
4 404 181 046 |
1 413 229 672 |
| Plaines hudsoniennes |
456 788 197 |
40 165 286 |
416 622 911 |
| Canada |
29 383 606 495 |
18 336 721 979 |
11 046 884 516 |
Le volume total de bois marchand du Canada dépasse
les 29 milliards de mètres cubes, et la récolte potentielle
est d'environ 239 millions de mètres cubes par
année au total, ou 0,8 % du volume marchand total.
Environ 177,4 millions de mètres cubes, soit 0,6 %
du volume marchand total, ont été récoltés en 2003,
l'année la plus récente pour laquelle des données sont
disponibles (Ressources naturelles Canada, 2006).
Au Canada, les terres publiques doivent être obligatoirement
reboisées afin de remplacer le volume de
bois récolté. La plupart des terres publiques récoltées
se régénéreront naturellement (voir l'Indicateur 2.5)
tandis que d'autres seront reboisées par plantation
ou ensemencement afin de garantir leur repeuplement.
Outre la récolte, les agents naturels peuvent entraîner
la perte de centaines de millions de mètres cubes
chaque année. Une quantité considérable de bois est
détruite chaque année par le feu, bien que ce volume,
pour lequel aucune donnée précise n'est actuellement
disponible, varie considérablement d'une année à
l'autre. Les insectes et les maladies des arbres causent
également des dégâts importants dans les forêts du
Canada. Ainsi, l'infestation du dendroctone du pin
ponderosa qui sévit en Colombie-Britannique aurait
tué, selon les estimations, quelque 330 millions
de mètres cubes de bois marchand à la fin de 2004
(Indicateur 2.3).
En raison de l'intérêt grandissant soulevé par les
valeurs non ligneuses de la forêt, les données sur le
volume disponible d'arbres non commercialisables
prennent de l'importance. Toutefois, ce type de données
n'était habituellement pas compilé dans le secteur
des forêts et, à l'heure actuelle, seul un petit nombre
de provinces et de territoires peuvent fournir des
données sur le volume des arbres non commercialisables.
La Nouvelle-Écosse a recensé 56 millions de
mètres cubes d'essences résineuses et 18 millions de
mètres cubes d'essences feuillues qui étaient non
commercialisables. L'Île-du-Prince-Édouard fait état
de 1,4 million de mètres cubes, dont environ la moitié
est composée d'érable rouge et de sapin baumier. Le
Yukon estime le volume total d'essences non commerciales
à 112 millions de mètres cubes dans sa partie
sud, l'épinette blanche, l'épinette noire et le pin tordu
représentant plus de 80 % de ce volume. Le Québec
n'est actuellement pas en mesure de fournir des
données sur le volume, mais compile des données
sur le nombre de tiges et la surface terrière des essences
non commercialisables à partir desquelles il pourra
fournir des estimations sur le volume.
Les données sur le volume de bois marchand
présentées dans le présent document pourront servir
de référence pour les notifications futures. Il est malheureusement
impossible de calculer les tendances
antérieures du volume de bois marchand en raison
des différences dans les méthodologies utilisées pour
l'inventaire forestier le plus récent et les inventaires
antérieurs (voir l'Indicateur 1.1.1 pour de plus
amples détails).