DIVERSITÉ BIOLOGIQUE ÉTAT ET PRODUCTIVITÉ DES ÉCOSYSTÈMES SOL ET EAU CONTRIBUTION AUX CYCLES ÉCOLOGIQUES PLANÉTAIRES AVANTAGES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX RESPONSABILITÉ DE LA SOCIÉTÉ
Indicateur 2.1 Volume total sur pied des essences commerciales et non commerciales du territoire forestier Indicateur 2.2 Superficies forestières ajoutées et perdues, selon la cause Indicateur 2.3 Superficies forestières perturbées par les incendies, les insectes, les maladies et la récolte Indicateur 2.4 Superficies forestières dont les fonctions sont altérées par l’ozone et les pluies acides Indicateur 2.5 Proportion des aires de coupe qui s’est bien régénérée
indicateur 2.1 Volume total sur pied des essences commerciales et non commerciales du territoire forestier
indicateur 2.2 Superficies forestières ajoutées et perdues, selon la cause
indicateur 2.3 Superficies forestières perturbées par les incendies, les insectes, les maladies et la récolte
indicateur 2.4 Superficies forestières dont les fonctions sont altérées par l’ozone et les pluies acides
indicateur 2.5 Proportion des aires de coupe qui s’est bien régénérée

Bibliographie

L’aménagement durable de nos écosystèmes forestiers repose sur leur capacité de maintenir les fonctions et les processus écologiques et sur leur capacité de se perpétuer. Dans un écosystème forestier, l’absence relative de stress (stabilité) et la capacité relative de rétablissement après une perturbation (résilience) permettent de connaître l’état de l’écosystème. La productivité désigne la capacité d’un écosystème d’accumuler de la biomasse, qui dépend de la quantité d’éléments nutritifs, d’eau et d’énergie solaire absorbée et transférée dans l’écosystème.

Au fil de leur évolution, les écosystèmes forestiers du Canada ont réussi à s’adapter à la plupart des perturbations naturelles, qu’il s’agisse d’insectes, de maladie ou d’incendies, et à s’en rétablir. Certaines de ces perturbations, comme les incendies en forêt boréale, jouent même un rôle clé dans le renouvellement des forêts. Cette relation entre les forêts et les perturbations dure depuis des temps immémoriaux et permet aux forêts de se renouveler et de maintenir leur productivité.

L’homme a introduit une nouvelle variable dans l’équation et a engendré de nouvelles perturbations, comme la récolte, le déboisement des terres à des fins de développement urbain et agricole et la pollution. L’intensité, la vitesse d’apparition et l’ampleur de ces nouveaux agents d’agression ont parfois été si importantes qu’elles ont dépassé le rythme naturel de changement que connaissaient généralement les forêts.

Pour obtenir la durabilité des forêts du Canada, il est donc important de déterminer si les forêts sont capables de supporter l’impact total des divers agents d’agression — tant les anciens que les nouveaux. Si les forêts ne peuvent s’adapter à ces facteurs d’agression, elles perdront leur capacité de maintenir les fonctions et les processus écologiques, ce qui entraînera à long terme un décroissement forestier.

La superficie perturbée par des agents naturels est encore beaucoup plus importante que celle perturbée par la récolte. De 1975 à 2005, le feu a consumé une moyenne de 2,3 millions d’hectares par année. La superficie perturbée par le feu semble être relativement stable, malgré la variation considérable d’une année à l’autre. De 1975 à 2004, la superficie moyenne ravagée par des insectes atteignait presque 24 millions d’hectares par année, malgré un déclin substantiel des superficies touchées depuis les années 1970. Si les prévisions des modèles de changement climatique sont exactes, les perturbations causées par le feu et les insectes pourraient augmenter considérablement à l’avenir. Il n’existe actuellement que très peu d’information sur le volume de bois affecté par les perturbations naturelles.

Le volume total sur pied des forêts marchandes du Canada est estimé à 29 milliards de mètres cubes, et environ 0,6 % de ce volume est récolté chaque année. La récolte supprime temporairement une moyenne de 90 000 ha par année et est relativement stable depuis plusieurs années. Les estimations de la superficie de forêt du Canada qui, chaque année, est convertie en permanence à une utilisation non forestière (par exemple, urbanisation, agriculture et construction de chemins forestiers) s’améliorent et varient d’environ 55 000 à 80 000 ha par année. Des recherches sont en cours afin de préciser les effets réels de polluants, comme les pluies acides et l’ozone, qui dégradent lentement les forêts au fil des ans. Même si des estimations précises de la superficie touchée font défaut, il est évident que les forêts du Sud de la Colombie-Britannique, du corridor Windsor– Québec et du Sud du Canada atlantique doivent être surveillées de près puisqu’elles sont à proximité de sources d’émission de polluants. Au cours des dernières années, les gouvernements ont pris des mesures pour réduire les émissions polluantes.

Les aménagistes ont adopté au fil des ans des pratiques forestières à faible impact sur l’environnement, basées sur les meilleures données de recherche disponibles. Ainsi, des pratiques modifiées de récolte peuvent être utilisées pour protéger les arbres issus de la régénération naturelle. Le bilan général de la régénération des forêts au Canada a également été très positif, notamment depuis les années 1990, une décennie pendant laquelle la plupart des provinces et territoires ont adopté des lois ou signé des accords exigeant que les sociétés forestières assurent la régénération des superficies récoltées. La superficie des terres forestières non régénérées diminue lentement, et les forêts se régénèrent naturellement après coupe dans 85 % des cas. Le boisement est faible (environ 6 000 à 10 000 ha par année).

Il est encore difficile de déterminer avec précision si les forêts sont capables de supporter l’impact global actuel des divers agents d’agression. Toutefois, le succès des efforts de régénération, conjugué aux pratiques forestières à faible impact sur l’environnement, aux mesures antipollution et au boisement, permet d’espérer que le Canada réussira à maintenir l’intégrité et la productivité de ses écosystèmes forestiers.