DIVERSITÉ BIOLOGIQUE ÉTAT ET PRODUCTIVITÉ DES ÉCOSYSTÈMES SOL ET EAU CONTRIBUTION AUX CYCLES ÉCOLOGIQUES PLANÉTAIRES AVANTAGES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX RESPONSABILITÉ DE LA SOCIÉTÉ
Diversité des écosystèmes Diversité des espèces Diversité génétique
Indicateur 1.3.1 Diversité génétique des stocks de semences pour le reboisement Indicateur 1.3.2 État des efforts de conservation in situ et ex situ portant sur les essences forestières indigènes de chaque écozone
Indicateur 1.3.1 - Diversité génétique des stocks de semences pour le reboisement
Indicateur de base


Le reboisement après la récolte est obligatoire sur les terres publiques partout au Canada. La plupart des zones récoltées se régénèrent naturellement grâce aux semenciers laissés en place dans les parcelles de coupe ou grâce aux arbres des peuplements voisins. Toutefois, pour garantir le reboisement intégral de ces zones, les administrations ont souvent recours à la plantation ou à l'ensemencement lorsque la régénération naturelle n'est pas suffisante.

Le niveau de diversité génétique des semis plantés ou des semences doit être suffisamment élevé pour soutenir l'adaptation génétique que les espèces devront déployer pour faire face aux éventuelles perturbations et modifications de l'environnement. Une faible diversité génétique des semis ou des semences peut éroder la diversité génétique globale des essences forestières et réduire ainsi leur aptitude à s'adapter aux fluctuations des conditions du milieu. Par ailleurs, la diversité génétique des semis peut s'appauvrir s'ils sont issus de clones ou d'un nombre restreint d'arbres affichant un rendement de croissance supérieur. Cet indicateur fait le portrait de la diversité génétique des semis et des semences utilisés pour le reboisement au Canada en examinant le nombre d'arbres parents dont ils sont issus. Les activités en cours pour surveiller la diversité génétique sont également passées en revue.

La plantation et l'ensemencement représentent environ 15 % de la régénération des terres forestières au Canada (Indicateur 2.5). La diversité génétique des semences servant au reboisement résulte de la pluralité des sites de prélèvement et de la composition parentale de chacun de ces sites. Or la plupart des semences utilisées au pays pour les programmes de reboisement proviennent de peuplements naturels dans lesquels les arbres parents se comptent généralement par centaines, sinon par milliers. Selon toute vraisemblance, elles affichent la même variation génétique que les peuplements naturels dont elles sont issues. En outre, elles sont prélevées à des milliers d'endroits répartis dans l'ensemble du pays. Dans certaines provinces et territoires, une bonne partie de ces semences proviennent de vergers à graines (plantations constituées de quelques arbres parents sélectionnés spécifiquement pour certaines de leurs caractéristiques, comme une croissance rapide ou une résistance aux maladies). Par exemple, en 2003-2004, 40 % des semences utilisées pour le reboisement en Colombie-Britannique provenaient de tels vergers (195 lots distincts). Cependant, malgré le nombre peu élevé d'arbres parents dans les vergers, des recherches récentes menées sur l'épinette blanche et le pin gris révèlent qu'il n'y a pas de différence notable dans la variation génétique entre les stocks de semences provenant de vergers et ceux provenant de peuplements sauvages (naturels) (Stoehr et El-Kassaby, 1997; Godt et al., 2001). À la lumière de ces résultats et compte tenu de la proportion relativement restreinte de la superficie totale reboisée à l'aide de plants et de semences et du fait que la plupart des semences proviennent de nombreux peuplements naturels, l'impact de la plantation et de l'ensemencement sur la diversité génétique globale des forêts canadiennes est sans doute négligeable.

La surveillance continue de la diversité génétique dans l'ensemble du paysage est essentielle à l'atteinte d'objectifs de diversité biologique qui soient durables à long terme. Afin d'appuyer la gestion des ressources génétiques, les gouvernements ont pris diverses mesures pour surveiller la diversité génétique des stocks de semences et élaborer des programmes d'information sur les ressources génétiques.

La Colombie-Britannique élabore ainsi des ensembles de données sur les ressources génétiques afin de retracer l'information concernant la diversité génétique des stocks de semences. La province a également adopté des normes techniques ayant force exécutoire pour tous les stocks de semences destinés au reboisement, y compris des normes sur la collecte et la qualité physique des semences, la taille minimale efficace du peuplement et l'identification des arbres parents. En outre, elle redéfinit actuellement les limites de ses zones et unités semencières, où les graines sont prélevées, pour qu'elles correspondent davantage à des limites écologiques établies en fonction de critères géoclimatiques. Enfin, elle réglemente le stockage, la sélection, l'utilisation et le transfert des semences utilisées pour le reboisement des terres publiques. Ces initiatives permettent à la Colombie-Britannique de contrôler la diversité génétique des semis et des semences destinés au reboisement.

En Ontario, plusieurs mesures sur la collecte et le stockage visent à protéger la base de ressources génétiques. Bien que la province dispose de lots de semen- ces issus de programmes d'amélioration des arbres, elle continue de prélever des semences de toutes les essences forestières dans de grands peuplements afin de constituer un fonds génétique diversifié. Parallèlement, l'Installation de conditionnement des semences forestières de l'Ontario abrite une importante banque de semences, où une partie des collections est congelée et stockée en vue d'une utilisation future.

Paradoxalement, la diversité génétique de certains stocks de semences issus de vergers à graines peut être plus grande que celle des populations naturelles locales. Ainsi, à l'Île-du-Prince-Édouard, la récolte sélective pratiquée pendant plus de 250 ans a gravement porté atteinte aux forêts. L'approche qui consiste à récolter uniquement les meilleurs arbres s'est traduite dans certaines régions par une régénération reposant sur une très petite population, voire sur un seul arbre. Les résultats du programme d'amélioration des arbres de la province montrent des gains importants sur le plan de la croissance, gains qui dépassent les attentes de la plupart des programmes semblables, en raison sans doute de la réduction de l'autofécondation.