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Indicateur 1.2.1 - Situation des espèces en péril associées à la forêt Indicateur de base
Le maintien et le rétablissement de populations saines d'espèces associées à la forêt est l'un des principaux objectifs de l'aménagement durable des forêts. Ces espèces en péril sont sensibles à la dégradation de l'habitat due à des facteurs multiples, y compris la récolte de bois et de produits autres que le bois. La surveillance des changements de catégories de risque décidés par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) fournit également de l'information sur la qualité de l'habitat et sa quantité. Dans la foulée du réexamen du Cadre des critères et indicateurs réalisé en 2003 (CCMF, 2003), cet indicateur fait maintenant état des espèces associées à la forêt, qu'on définit comme des espèces qui dépendent de façon mesurable d'un écosystème forestier pour un aspect ou un autre de leur cycle vital (y compris les espèces indirectement dépendantes, qui consomment des ressources elles-mêmes dérivées de la forêt) (McAfee et Malouin, 2004). Dans le présent rapport, les espèces associées à la forêt comprennent des espèces de la catégorie 1 (espèces sylvicoles tributaires de la forêt), de la catégorie 2 (espèces tributaires de la forêt mais non sylvicoles) et de la catégorie 3 (espèces qui utilisent la forêt sans en être tributaires) du rapport de 2000. En date de mai 2004, le COSEPAC avait désigné 444 espèces1 en péril au Canada (COSEPAC, 2004). Sept groupes taxinomiques évalués par le COSEPAC entre 1999 et mai 2004 ont été examinés en vue de leur inclusion dans cet indicateur : les plantes (vasculaires et non vasculaires), les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les amphibiens, les poissons d'eau douce, les arthropodes et les mollusques. Des 444 espèces désignées par le COSEPAC, 305 (69 %) sont considérées comme étant associées à la forêt, dont 219 sont inscrites à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), ce qui leur confère une protection spéciale. La proportion des espèces associées à la forêt dans chacune des catégories de risque du COSEPAC est la suivante :
Ce taux est conséquent avec l'augmentation globale de 31 % du nombre d'espèces évaluées et désignées par le COSEPAC au Canada (qui est passé de 340 à 444) et fait ressortir que la disponibilité de données et d'information est l'un des principaux facteurs qui influent sur le nombre d'espèces en péril désignées par le COSEPAC ainsi que sur leur changement de catégorie. La figure 1.2a montre les changements survenus entre 1999 (données utilisées dans le rapport sur les critères et indicateurs de 2000) et 2004 dans le classement des espèces en péril associées à la forêt appartenant aux sept groupes taxinomiques susmentionnés. Sur les espèces associées à la forêt qui ont été réévaluées par le COSEPAC depuis 1999 :
Figure 1.2a Changements dans la situation des espèces en péril associées aux forêts après réévaluation par le COSEPAC de 1999 à 2004, par groupe taxinomique. Note : a) La modification de la cote (le déplacement d'une espèce vers une catégorie de risque plus faible ou plus élevé) peut résulter de nouvelles données plutôt que d'une amélioration ou d'une détérioration réelle de la situation d'une espèce; b) le groupe des plantes comprend les plantes vasculaires et non vasculaires; c) ce graphique comprend les espèces classées par le COSEPAC dans les catégories suivantes : disparues du Canada, en voie de disparition, menacées et préoccupantes. Données Mises à jour : PDF | Excel Selon les rapports de situation du COSEPAC, la principale menace à la survie des espèces associées à la forêt est la perte et la destruction de l'habitat (figure 1.2b). Le commerce et la récolte non durables sont d'autres facteurs importants. Afin de contrer ces menaces, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont adopté des lois qui aident à protéger l'habitat essentiel des espèces en péril. La LEP, par exemple, vise à protéger les endroits où une espèce vit, se nourrit, se reproduit et élève sa progéniture. Elle a pour objet de protéger autant que possible les habitats essentiels par des actions volontaires et des mesures d'intendance. L'amenuisement de la diversité génétique, souvent appelé l'extinction invisible, constitue une autre grave menace pour les espèces et résulte souvent du faible effectif des espèces en péril. La diversité génétique (Indicateurs 1.3.1 et 1.3.2) permet aux espèces de s'adapter aux variations des conditions du milieu, comme les changements climatiques, ou de concurrencer une espèce exotique envahissante qui a été introduite (Indicateur 1.2.4).
Figure 1.2b Menaces (en proportion de l'ensemble des menaces) auxquelles font face les espèces en péril associées aux forêts selon les rapports de situation du COSEPAC. Environ la moitié des espèces en péril associées à la forêt se rencontrent dans l'écozone des plaines à forêts mixtes, notamment dans les vestiges de la forêt carolinienne du Sud de l'Ontario, type de forêt que l'on retrouve principalement dans l'Est et le Sud-Est des États-Unis. L'urbanisation, l'agriculture et le réseau routier en milieu rural ont profondément modifié le paysage et sont les causes majeures du déclin des espèces. Bien que les forêts boréales (écozones des plaines boréales, du bouclier boréal et de la cordillère boréale) occupent environ 30 % des terres émergées du Canada, elles abritent un nombre relativement peu élevé d'espèces en péril. Quatre mammifères y ont été désignés en péril, soit le caribou des bois, le bison des bois, le loup gris et la martre d'Amérique, pour lesquels des stratégies de rétablissement ont été mises en ouvre. Dans tous les types forestiers du Canada, quatre espèces associées à la forêt ont été désignées en péril par le COSEPAC depuis la parution du dernier rapport sur les critères et les indicateurs : le caribou des bois (population du Sud), le loup gris et deux sous-espèces de blaireau d'Amérique. Après réévaluation, cinq mammifères ont été classés dans une catégorie de risque plus élevée : l'hermine de la sous-espèce haidarum (population des îles de la Reine-Charlotte), le renard gris, la chauve-souris blonde, la taupe de Townsend et le caribou des bois (population de la Gaspésie). Aucun mammifère en péril n'a été classé dans une catégorie de risque moins élevée après réévaluation du COSEPAC au cours des cinq dernières années. Des études de cas sur le caribou des bois et la martre d'Amérique au Canada sont présentées à l'Indicateur 1.2.3. Les espèces végétales représentent 36 % du nombre total d'espèces en péril associées à la forêt. Au cours des dernières années, après réévaluation, le COSEPAC a classé deux d'entre elles seulement dans une catégorie de risque moins élevée (le frêne bleu en Ontario et l'épipactis géant en Colombie-Britannique sont passés d'espèces menacées à espèces préoccupantes). Des 27 espèces végétales désignées en péril par le COSEPAC depuis la parution du dernier rapport, 13 sont établies dans la forêt carolinienne. Une espèce d'oiseau associée à la forêt (l'arlequin plongeur, population de l'Est) a été placée dans une catégorie de risque moins élevée (d'espèce en voie de disparition à espèce préoccupante) après réévaluation par le COSEPAC en 2001. Quatre ont été classées dans une catégorie de risque plus élevée après réévaluation par le COSEPAC en 2001 : deux sont passées de menacées à en voie de disparition (le pic à tête blanche et la paruline polyglotte de la sous-espèce auricollis) et deux sont passées de préoccupantes à menacées (l'autour des palombes de la sous-espèce laingi et le petit blongios). Une étude de cas sur l'autour des palombes est présentée à l'Indicateur 1.2.3. Les écosystèmes forestiers influent directement ou indirectement sur l'habitat des poissons. Les forêts riveraines procurent abri, nourriture, eau et substrat (stabilisation des rives). La situation des poissons en péril associés à la forêt s'est considérablement détériorée au cours des cinq dernières années : 16 espèces ont été classées dans une catégorie de risque plus élevée après réévaluation par le COSEPAC. Des 53 espèces de poissons associées à la forêt au Canada, 32 % sont considérées en voie de disparition. Dans bien des cas, il s'agit de petites populations isolées et endémiques au Canada, comme les six populations d'épinoches en Colombie-Britannique. Parmi les huit arthropodes en péril associés à la forêt, six ont été ajoutés à la liste du COSEPAC depuis 2000, comme le damier de Taylor (en voie de disparition), papillon associé à l'écosystème à chêne de Garry en Colombie-Britannique. Des neuf espèces de mollusques en péril associées à la forêt, sept sont considérées en voie de disparition. Six nouvelles espèces de mollusques ont été désignées par le COSEPAC depuis 2000. Malgré certaines améliorations et certains succès, l'information présentée dans ces pages donne à penser que la situation des espèces en péril associées à la forêt s'est détériorée entre 1999 et mai 2004. Toutefois, comme le COSEPAC ne documente actuellement pas les motifs du transfert d'une catégorie à une autre, il faut interpréter avec grande prudence les changements de catégorie. En effet, ces derniers peuvent résulter de nouvelles données et non d'une modification réelle de la situation de l'espèce en cause. Les prochains rapports qui seront fondés sur la surveillance à long terme de chacune des espèces en péril associées à la forêt fourniront des données plus précises sur les tendances de la situation. 1. Selon le COSEPAC, une espèce sauvage désigne une espèce, une sous-espèce, une variété ou une population géographiquement ou génétiquement distincte. Par conséquent, le mot « espèce » utilisé dans le présent rapport englobe toutes ces catégories. En outre, ce nombre inclut les espèces disparues, en voie de disparition, menacées et préoccupantes. |