Indicateur 1.1.1 - Superficie des forêts par type forestier et classe d'âge, et superficie des milieux humides de chaque écozone
Indicateur de base
Type forestier et classe d'âge
L'examen des principaux types forestiers par écozone
fournit de l'information sur l'étendue et la variété
de l'habitat des espèces forestières ainsi qu'un aperçu
des changements qui surviennent dans la biodiversité
des forêts.
Selon des statistiques récentes publiées dans l'Inventaire
forestier national du Canada (IFCan, 2001), qui est une
compilation des inventaires forestiers existants, le domaine
forestier et les autres terres boisées du Canada
couvrent 402,1 millions d'hectares. Les « autres terres
boisées » représentent 23 % de cette superficie et comptent
des milieux humides arborés ainsi que des terres
où poussent des arbres épars à croissance lente. Étant
donné que l'inventaire de 2001 diffère de l'inventaire
précédent (1991) à plusieurs égards, toute comparaison
des données ne serait guère valable. Ainsi, les définitions
et les méthodes ont été modifiées, l'inventaire
couvre maintenant la superficie totale des terres du
Canada, et un plus grand nombre de classes de couverture
terrestre sont utilisées pour refléter l'accent
mis sur les forêts plutôt que sur le bois. De nouvelles
méthodes de mesure ont également été utilisées, notamment
dans le Nord du Canada. En 1991, les forêts
situées au nord du 60e parallèle avaient été délimitées
au moyen de cartes tracées au début des années 1980
ou à une époque antérieure. L'inventaire réalisé en 2001
s'appuie plutôt sur l'interprétation de photos satellites,
laquelle nous permet de mieux différencier les forêts
des terres non forestières. Ainsi, certaines zones que
nous pensions être des forêts auparavant ne le sont
pas en réalité. Donc, toute comparaison entre les inventaires
de 1991 et de 2001 pourrait nous induire en
erreur (Ressources naturelles Canada, 2004).
La différence entre la superficie forestière totale de
417,6 millions d'hectares indiquée dans le précédent
rapport sur les critères et les indicateurs (CCMF, 2000)
et celle de 402,1 millions d'hectares mentionnée dans
le présent document est due principalement à la
méthodologie utilisée plutôt qu'à un changement
dans la superficie du domaine forestier.
Le tableau 1.1a montre la superficie des forêts
par écozone terrestre et fournit de l'information sur
la distribution des types de couvert forestier. Dans
l'inventaire réalisé en 2001, les terres forestières non
boisées (environ 127 millions d'hectares) n'ont pas
été classés par type forestier ou classe d'âge. En outre,
en raison des limites de l'inventaire, il est impossible
de déterminer avec certitude l'âge de vastes étendues
de terres forestières boisées, de sorte qu'aucune classe
d'âge n'a été assignée à 102 millions d'hectares additionnels
de terres forestières boisées. Les 173 millions
d'hectares restants de terres forestières boisées sont
classées par type forestier et classe d'âge. Les forêts
de résineux constituent le principal type forestier,
occupant près de 62,5 % (environ 108 millions d'hectares)
des terres forestière boisées, comparativement
à 21,2 % pour les forêts mixtes (environ 37 millions
d'hectares) et 15,7 % pour les forêts de feuillus (environ
27 millions d'hectares). La plupart des forêts de résineux
du Canada se trouvent dans les écozones boréales
qui sont dominées par ce type de couvert. La forêt
feuillue boréale, de plus petite taille, est composée
en grande partie de tremblaies et de bétulaies. Les
seules écozones où prédominent les peuplements
de feuillus sont celle des plaines à forêts mixtes du
Sud de l'Ontario et du Québec et celle des Prairies.
Tableau 1.1a Superficies forestières canadiennes par écozone terrestre et distribution des types de couvert forestier
(source : IFCan, 2001)
| Écozone |
Superficie totale (000 ha) |
Terres forestières et autres terres boisées (000 ha) |
Terres forestières (000 ha) |
Terres forestières boisées (000 ha) |
Terres forestières d'âge déterminé (000 ha) |
Type de couvert dans la forêt d'âge
|
% résineux |
% forêt mixte |
% feuillus |
|
| Cordillère arctique |
24 157 |
11 |
11 |
11 |
0 |
0,0% |
0,0% |
0,0% |
| Haut-Arctique |
146 032 |
152 |
149 |
149 |
0 |
0,0% |
0,0% |
0,0% |
| Bas-Arctique |
80 097 |
2 444 |
1 333 |
1 333 |
0 |
0,0% |
0,0% |
0,0% |
| Taïga des plaines |
62 622 |
35 785 |
28 314 |
25 014 |
5 050 |
38,7% |
31,2% |
27,6% |
| Taïga du bouclier |
133 780 |
48 421 |
37 916 |
33 819 |
1 367 |
86,7% |
3,8% |
0,2% |
| Bouclier boréal |
194 908 |
144 457 |
118 962 |
104 409 |
78 755 |
60,0% |
25,3% |
14,4% |
| Maritime de l'Atlantique |
20 928 |
16 530 |
16 222 |
15 034 |
14 866 |
44,0% |
33,1% |
21,1% |
| Plaines à forêts mixtes |
16 551 |
3 319 |
3 138 |
2 650 |
2 649 |
14,9% |
29,4% |
55,6% |
| Plaines boréales |
73 342 |
47 914 |
35 943 |
32 417 |
23 837 |
42,1% |
20,2% |
36,5% |
| Prairies |
46 447 |
1 947 |
1 898 |
1 856 |
90 |
16,9% |
12,2% |
70,9% |
| Taïga de la cordillère |
26 215 |
7 687 |
1 115 |
916 |
83 |
95,2% |
4,6% |
0,2% |
| Cordillère boréale |
47 140 |
24 124 |
14 637 |
10 624 |
8 689 |
78,6% |
17,8% |
3,6% |
| Maritime du Pacifique |
20 850 |
12 058 |
10 806 |
9 557 |
7 865 |
93,6% |
4,5% |
1,9% |
| Cordillère montagnarde |
48 824 |
35 610 |
33 379 |
31 058 |
28 276 |
88,7% |
9,5% |
1,8% |
| Plaines hudsoniennes |
37 185 |
21 626 |
6 312 |
6 070 |
1 434 |
94,7% |
3,5% |
1,8% |
| Canada |
979 078 |
402 085 |
310 135 |
274 918 |
172 961 |
62,5% |
21,2% |
15,7% |
La figure 1.1a montre la distribution des classes d'âge
par type forestier dans les terres forestières boisées
pour les écozones forestières du Canada. La classe
d'âge dominante des forêts canadiennes est la classe
41-80 ans qui, dans les trois types forestiers combinés,
occupe près de 56 millions d'hectares de terres forestières
boisées. La classe d'âge la plus vieille (161+ ans)
couvre 17,6 millions d'hectares, dont la totalité, sauf
522 000 hectares, est constituée de résineux. La catégorie
inéquienne n'est pas utilisée par toutes les provinces
ou tous les territoires, de sorte que la superficie
qu'elle occupe est quelque peu sous-estimée.
Figure 1.1a Distribution des classes d'âges selon le type forestier dans les terres forestières boisées des principales écozones, en pourcentage de la superficie totale des terres forestières boisées de l'écozone avec classe d'âge.
L'écozone maritime du Pacifique est constituée principalement
des forêts pluviales tempérées de la côte
ouest. Les feux qui renouvellent les peuplements y sont
peu fréquents. L'absence de perturbations majeures à
grande échelle se répercute sur l'âge d'une grande partie
des forêts de l'écozone. Par ailleurs, les plus vieilles
forêts des écozones boréales (taïga des plaines, taïga
du bouclier, bouclier boréal, maritime de l'Atlantique,
plaines boréales, taïga de la cordillère, cordillère boréale
et plaines hudsonniennes) ont généralement entre 100
et 160 ans. Cette classe d'âge de la forêt boréale traduit
une occurrence plus grande des feux non maîtrisés qui
renouvellent les peuplements que celle qui caractérise
la forêt côtière. La prédominance des jeunes classes
d'âge dans les écozones maritime de l'Atlantique et
des plaines à forêts mixtes correspond à la composante
forestière en régénération après la récolte.
Milieux humides
Les écosystèmes des milieux humides (ou écosystèmes
palustres) fournissent un habitat essentiel à une multitude
d'espèces sauvages, dont les oiseaux migrateurs.
Les milieux humides boréaux procurent nourriture
et abri à des espèces clés comme l'orignal et le cerf,
de même qu'à des petits mammifères comme le castor,
le rat musqué et la martre. La disparition d'un milieu
humide dans une écozone donnée peut être un indice
de la perte d'habitat, de nourriture ou d'abri pour ces
espèces. Les milieux humides boisés sont en outre
d'importantes sources de recharge des eaux souterraines
et jouent un rôle prépondérant dans la régulation
des eaux de surface. Les activités forestières qui entraînent
la disparition ou la contamination des milieux
humides peuvent avoir des conséquences autant sur
la qualité que sur le volume des eaux souterraines
et superficielles.
Les milieux humides occupent environ 15 % des terres
émergées du Canada. Jadis abondamment distribués
dans tout le pays, ils se sont beaucoup raréfiés dans
les zones habitées ces dernières années. Partout au
Canada, les milieux humides ont souffert des pratiques
d'aménagement du territoire qui ont détruit la végétation,
accru les charges d'éléments nutritifs et de substances
toxiques, provoqué la sédimentation et modifié
les régimes d'écoulement des eaux. Par exemple, dans
le Sud de l'Ontario, on a modifié la vocation naturelle
de 68 % des milieux humides originaux pour soutenir
d'autres utilisations comme l'agriculture ou la construction
résidentielle. De la même façon, il ne reste plus
que 25 % des milieux humides originaux de la région
des fondrières du Sud-Ouest du Manitoba. Dans le
Nord, cependant, la plupart des milieux humides
sont restés intacts (L'Atlas du Canada, 2004).
À l'heure actuelle, on ne possède aucune donnée sur le
changement de la superficie totale des milieux humides
par écozone. Les données dont nous disposons serviront
de points de départ à des analyses plus exhaustives
lorsque le nouvel Inventaire forestier national
sera utilisé. Le Canada compterait 134,6 millions d'hectares
de milieux humides (tableau 1.1b), soit près de
25 % des milieux humides de la planète. De toutes
les écozones, c'est celle des plaines hudsoniennes qui
recèle le plus fort pourcentage de milieux humides.
En fait, cette écozone pourrait renfermer la plus vaste
étendue continue de milieux humides au monde
(Wiken et al., 1996). Ensemble, les écozones de la
région boréale contiennent presque 100 millions d'hectares
de milieux humides dont 60 à 92 % sont arborés,
tout dépendant de l'écozone.
Tableau 1.1b Superficie des terres humides par écozone (source : IFCan, 2001)
| Écozone |
Superficie totale des terres humides (000 ha) |
Proportion de l'écozone en terres humides en terres |
Terres humides en pourcentage du territoire arborées de l'écozone |
|
| Cordillère arctique |
175 |
0,00 |
0,73 |
| Haut-Arctique |
20 087 |
0,00 |
13,75 |
| Bas-Arctique |
11 802 |
0,60 |
14,73 |
| Taïga des plaines |
4 654 |
70,65 |
7,43 |
| Taïga du bouclier |
13 515 |
76,38 |
10,10 |
| Bouclier boréal |
30 289 |
78,96 |
15,54 |
| Maritime de l'Atlantique |
738 |
35,37 |
3,52 |
| Plaines à forêts mixtes |
295 |
46,44 |
1,78 |
| Plaines boréales |
10 830 |
66,15 |
14,77 |
| Prairies |
1 531 |
0,74 |
3,30 |
| Taïga de la cordillère |
7 001 |
88,31 |
26,71 |
| Cordillère boréale |
7 332 |
92,26 |
15,55 |
| Maritime du Pacifique |
245 |
84,25 |
1,18 |
| Cordillère montagnarde |
675 |
86,82 |
1,38 |
| Plaines hudsoniennes |
25 470 |
59,98 |
68,50 |
| Canada |
134 639 |
55,10 |
13,75 |
Conscientes de l'importance écologique des milieux
humides, plusieurs provinces tiennent des inventaires
de ces milieux. L'Ontario a élaboré un système de
classification des milieux humides pour le Nord-
Ouest de la province (Harris et al., 1996) et s'emploie
à étendre cette classification à d'autres régions.
L'Alberta a dressé un inventaire des tourbières (Vitt et al.,
1998) en s'inspirant fortement du Système de classification
des terres humides du Canada. Les cartes ont
été tracées à l'échelle de 1/250 000.
La Colombie-Britannique a elle aussi élaboré un
système de classification de ses milieux humides
(Mackenzie et Moran, 2004). Ce système fournit un
cadre permettant d'identifier et de décrire les milieux
humides, d'organiser des expériences de gestion et
d'acquérir une meilleure compréhension des milieux
humides et des écosystèmes connexes. S'appuyant sur
la classification nationale (Groupe national de travail
sur les terres humides, 1988), le système inclut les
tourbières ombrotrophes (bogs), les tourbières minérotrophes
(fens), les marais, les marécages et les eaux
peu profondes, et décrit les écosystèmes de type
estuarien, zone d'inondation et zone de transition.
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