DIVERSITÉ BIOLOGIQUE ÉTAT ET PRODUCTIVITÉ DES ÉCOSYSTÈMES SOL ET EAU CONTRIBUTION AUX CYCLES ÉCOLOGIQUES PLANÉTAIRES AVANTAGES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX RESPONSABILITÉ DE LA SOCIÉTÉ
Diversité des écosystèmes Diversité des espèces Diversité génétique
1.1 Diversité des écosystèmes 1.2 Diversité des espèces 1.3 Diversité génétique Bibliographie



La diversité est un élément essentiel du développement durable. Ainsi, une base économique diversifiée permet aux collectivités et aux pays de mieux s’adapter aux fluctuations mondiales du marché; de la même manière, la diversité biologique (ou biodiversité) permet aux organismes et aux écosystèmes de réagir et de s’adapter aux changements qui se produisent dans l’environnement. Il est donc impératif de préserver la biodiversité pour garantir l’aménagement durable des forêts. La biodiversité désigne la variabilité qui existe parmi les organismes vivants et les écosystèmes dont ils font partie. Cette variabilité peut se manifester à divers niveaux : diversité des écosystèmes sur la planète, abondance des espèces à l’intérieur de chaque écosystème, richesse du matériel génétique au sein de chaque espèce.

Les écosystèmes forestiers sont façonnés par des processus dynamiques. Les populations, les espèces, les types forestiers et les classes d’âge qui caractérisent les forêts du Canada sont déterminés par des cycles de perturbation et de renouvellement. Pour être en mesure de conserver la biodiversité, il faut examiner les écosystèmes à de nombreux niveaux d’organisation et à différentes échelles spatiales et temporelles. Il faut également que les décisions en matière de gestion des ressources et d’aménagement du territoire prennent en compte les besoins liés à la diversité biologique; par exemple, freiner la conversion des forêts en terres agricoles ou urbaines, créer des aires protégées, gérer l’exploitation de la faune et de la flore forestières, prévenir la propagation d’insectes et d’agents pathogènes exotiques et protéger l’habitat de la faune par une bonne planification de l’aménagement des forêts.

Ce critère fournit de l’information sur la conservation de la biodiversité des forêts du Canada à l’échelle des écosystèmes, des espèces et des gènes. L’Élément 1.1 (Diversité des écosystèmes) porte sur la gamme et la superficie des forêts résineuses, feuillues et mixtes sur les terres publiques au Canada et sur les mesures prises pour protéger des exemples représentatifs de nos écosystèmes forestiers diversifiés. Le maintien de la gamme naturelle des écosystèmes et de la capacité de leurs éléments constitutifs à réagir aux pressions et aux processus externes permet d’obtenir l’équilibre nécessaire à la préservation de la diversité biologique. L’Élément 1.2 (Diversité des espèces) porte sur la situation des espèces animales et végétales tributaires de la forêt ainsi que sur les menaces possibles à leur survie. Si l’on sait que certaines espèces sont vulnérables ou menacées, on peut envisager de modifier les pratiques d’aménagement des forêts et de prendre d’autres mesures pour rétablir la diversité biologique. L’Élément 1.3 (Diversité génétique) traite des efforts déployés pour préserver la diversité génétique des forêts du Canada, gage de la capacité des espèces à évoluer et à s’adapter aux changements et, par conséquent, de leur vitalité.

Les forêts du Canada représentent environ 10 % des forêts de la planète et quelque 30 % des forêts boréales. Les écosystèmes diversifiés de nos forêts indigènes sont caractérisés par des conditions climatiques très variables : mentionnons la forêt carolinienne luxuriante du Sud de l’Ontario, les bandes éparses d’arbres le long des cours d’eau arctiques, les forêts humides tempérées de la côte ouest, et les forêts sèches de pin ponderosa de l’intérieur de la Colombie-Britannique. Généralement, la gestion des forêts du Canada comprend le maintien de forêts semi-naturelles composées d’espèces d’arbres indigènes. Les conifères dominent largement dans nos forêts, mais les feuillus sont tout de même nombreux. Les aires protégées du Canada renferment des exemples représentatifs de la plupart des écosystèmes forestiers.

Selon un inventaire taxinomique réalisé par le Musée canadien de la nature, le Canada abrite environ 140 000 espèces dont la moitié seulement ont été décrites (Mosquin et al., 1995). Près des deux tiers d’entre elles, dont la majeure partie sont des insectes ou d’autres arthropodes, vivent dans les forêts. Un peu plus de 300 espèces forestières sont en voie d’extinction, sous l’effet notamment de la destruction de l’habitat, mais ce chiffre continue d’augmenter à mesure que de nouvelles données et informations sont recueillies. La plupart des espèces en péril qui ont été recensées sont protégées par la Loi sur les espèces en péril du Canada. Compte tenu de l’immensité de notre pays et de la multitude des espèces qui y vivent, le fait qu’il nous reste encore beaucoup à apprendre sur la diversité biologique, notamment sur les végétaux inférieurs, les invertébrés et les microorganismes du sol, ne devrait pas nous surprendre outre mesure.

La diversité génétique fournit le matériel dont les espèces ont besoin pour évoluer; elle est la source ultime de la diversité biologique à tous les niveaux. De plus en plus d’activités sont menées pour documenter, surveiller et protéger la diversité génétique des forêts canadiennes. Les provinces et les territoires améliorent leurs systèmes d’information, conservent des échantillons de matériel génétique et gèrent judicieusement les activités de reboisement pour s’assurer que les pratiques d’aménagement forestier ne compromettent pas la diversité génétique des forêts.

Des efforts considérables ont été déployés partout au pays pour mieux comprendre la diversité biologique des forêts canadiennes et la préserver pour les générations futures. À l’instar de nombreux autres pays, le Canada a signé la Convention sur la diversité biologique des Nations Unies, qui vise trois grands objectifs : la conservation de la diversité biologique, l’utilisation durable de ses éléments et le partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques. Les provinces, les territoires et d’autres administrations participent à leur façon à la mise en œuvre du volet canadien de la Convention.