Indicateur 6.5.4 - Statut des lignes directrices et des normes, nouvelles ou mises à jour, relatives aux questions écologiques
Indicateur de base
Les aménagistes doivent intégrer une somme considérable
de données écologiques, sociales et économiques
lors de la planification et de la mise en ouvre
d'opérations forestières durables. Pour guider et orienter
les aménagistes, les organismes provinciaux et
territoriaux chargés de l'aménagement des forêts ont
élaboré des lignes directrices et des normes reposant
sur des fondements scientifiques, y compris des
manuels, des notes et autres documents stratégiques.
Ces lignes directrices et normes évoluent avec le temps
et elles sont actualisées à mesure que s'enrichissent
les connaissances scientifiques sur les écosystèmes
forestiers et l'aménagement forestier durable.
Cet indicateur fait le bilan des lignes directrices et
normes nouvelles et mises à jour d'aménagement
forestier traitant de questions écologiques. Au nombre
de ces dernières figurent notamment la conservation
des débris ligneux, la gestion des zones riveraines,
la conservation de la faune, les corridors de liaison,
la perturbation des sols, la construction des routes
et le franchissement des cours d'eau.
Cet indicateur est important parce qu'il témoigne
des efforts déployés par les organismes provinciaux
et territoriaux chargés de l'aménagement des forêts
pour améliorer continuellement leurs pratiques
forestières. D'un bout à l'autre du Canada, ces organismes
font face à de nombreuses questions écologiques
pour lesquelles il est difficile d'élaborer des
indicateurs nationaux qui exprimeraient quantitativement
les impacts ou les résultantes. Cependant,
en observant dans quelle mesure on fait appel aux
conclusions de la recherche en écologie pour actualiser
les lignes directrices et normes, on obtient un
élément clé de l'évaluation de la durabilité écologique.
Cet indicateur est complémentaire d'autres indicateurs.
Ainsi, l'investissement dans la recherche forestière
(Indicateur 6.5.3) aide à s'assurer que nos connaissances
scientifiques s'améliorent continuellement et
que les lignes directrices et normes sont fondées sur
les meilleures données disponibles. Les mesures
d'application (Indicateurs 3.1, 3.2 et 6.4.2) de la réglementation
contribuent à s'assurer que les lignes directrices
et normes les plus récentes sont observées.
Le manuel de planification de l'aménagement forestier
constitue un outil important qu'utilisent la plupart
des organismes provinciaux d'aménagement pour
guider et orienter les activités forestières et protéger
certains éléments d'ordre écologique. Ces manuels
décrivent les exigences stratégiques et réglementaires
auxquelles sont assujettis les plans d'aménagement
forestier et donnent aux aménagistes des indications
sur la préparation de ces plans.
Sur la plupart des terres publiques provinciales et
territoriales, les opérations forestières doivent être
préparées par des plans d'aménagement, lesquels
précisent les opérations prévues, mais aussi les travaux
connexes, notamment les activités et les investissements
prévus pour conserver l'habitat faunique
et la biodiversité, protéger les sols, conserver les caractéristiques
naturelles du paysage et protéger d'autres
valeurs environnementales, sociales et économiques.
Ainsi, les manuels de planification peuvent exiger
que les aménagistes restreignent les activités de
récolte pendant la saison de nidification des oiseaux,
qu'ils définissent des zones tampons autour des cours
d'eau et des lacs, qu'ils utilisent des systèmes sylvicoles
conservant la biodiversité, qu'ils évaluent les
populations fauniques ou qu'ils modifient la répartition
des coupes dans le paysage selon des modèles
d'imitation des perturbations naturelles.
Les manuels de planification de l'aménagement forestier
exigent souvent que les aménagistes fixent des
objectifs locaux ou régionaux et qu'ils élaborent
des indicateurs pour en évaluer la réalisation à la fin
des opérations prévues aux plans. Ainsi, le Québec
a récemment établi huit objectifs de protection ou
de mise en valeur des ressources du milieu forestier
concernant la biodiversité et la conservation des sols
et de l'eau qui complètent la réglementation en place.
Dans sa prochaine série de plans généraux d'aménagement,
il exigera que les aménagistes proposent
des mesures pour évaluer les progrès accomplis sur
ce plan. Les provinces mettent aussi périodiquement
à jour leurs manuels de planification pour y intégrer
l'information nouvelle. Ainsi, l'Alberta révise actuellement
son manuel et y intègre des éléments des
normes sur l'aménagement forestier durable de
l'Association canadienne de normalisation.
Des lignes directrices, des notes de recherche et des
guides de terrain aident également les aménagistes
à mettre en ouvre des opérations forestières durables.
Ces documents sont révisés fréquemment pour
tenir compte des progrès dans le concept d'aménagement
forestier durable et dans la recherche scientifique.
Ainsi, l'Ontario révise ses guides d'aménagement
tous les cinq ans et s'emploie actuellement à
réorganiser sa série existante de plus de 30 lignes
directrices pour les regrouper dans une série de six
volumes qui complèteront son manuel de planification
de l'aménagement forestier nouvellement révisé
lui-aussi. De même, entre 1999 et 2004, la Colombie-Britannique a révisé, publié ou s'employait à terminer
29 lignes directrices concernant des questions d'écologie
forestière et basées en grande partie sur des
recherches récentes en écologie.
La recherche scientifique est une composante essentielle
du processus d'examen des politiques. Les
services de la recherche des organismes provinciaux
chargés de l'aménagement des forêts travaillent en
étroite collaboration avec leurs services stratégiques
pour s'assurer que les études scientifiques sont axées
sur les besoins de réglementation actuels et prévus
et que leurs résultats sont intégrés aux lignes directrices
et normes nouvelles et révisées. Dans de nombreuses
provinces, les lignes directrices et normes
sont également élaborées en collaboration avec le
gouvernement fédéral, les universités, l'industrie et
des organisations non gouvernementales. Ainsi, le
Comité de l'initiative sur les pratiques forestières
du Manitoba, composé de représentants du gouvernement
et de l'industrie, a récemment élaboré des
guides de terrain concernant les relevés prérécolte
et la protection de la végétation du sous-étage au
Manitoba. Des guides de ce type concernant l'entretien
des routes, l'élimination des broussailles et la gestion
des zones riveraines sont en cours d'élaboration.
Les connaissances écologiques traditionnelles des
Autochtones et les produits forestiers non ligneux
ont également une influence grandissante sur le
resserrement de la planification de l'aménagement
des forêts. Ainsi, le gouvernement et les Premières
nations du Yukon sont en train de mettre au point
un traité des bonnes pratiques forestières. À l'Île-du-
Prince-Édouard, on s'emploie actuellement à évaluer
la durabilité de la récolte de pousses d'if du Canada
et de sapin baumier.
Les provinces et territoires continueront de s'appuyer
sur des connaissances scientifiques pour élaborer et
mettre en ouvre des politiques et des pratiques forestières
durables dans l'ensemble du Canada. Le contenu
des lignes directrices et des normes évoluera
notamment au fil de l'enrichissement de nos connaissances
sur les écosystèmes forestiers et de nos progrès
dans l'étude de l'aménagement forestier durable.