Indicateur 6.5.3 - Investissements dans la recherche forestière, dans la recherche et le développement reliés à l'industrie des produits ligneux et dans l'éducation
Indicateur de base
Dans un secteur forestier durable, les sciences et la
technologie (S-T) jouent un rôle déterminant. Grâce
à la recherche-développement (R-D) et à l'innovation,
on peut mettre au point et implanter de nouvelles
technologies, améliorer la gestion des ressources, mettre
au point de nouveaux produits et améliorer les procédés
de fabrication. Tout compte fait, l'innovation -
la mise en application des sciences, de la gestion et
de la gouvernance - décuple notre pouvoir de création
et nous permet d'accroître la valeur de nos ressources.
La R-D et l'éducation sont importantes car
elles produisent les connaissances de pointe qui, avec
la participation du public, amènent l'amélioration
continue des normes et des lignes directrices sur l'aménagement
forestier, lesquelles servent de référence
pour évaluer la performance. La R-D de pointe entraîne,
par voie de conséquences, une amélioration
des normes et du rendement. Cet indicateur est donc
complémentaire de l'Indicateur 6.5.4, qui concerne
l'intégration de connaissances nouvelles aux lignes
directrices et aux normes relatives aux questions
écologiques, et aux Indicateurs 3.1 et 3.2, qui portent
sur le respect des lignes directrices et des normes.
Au Canada, l'industrie, le gouvernement fédéral,
les gouvernements provinciaux, les universités et
les instituts de recherche jouent un rôle important
dans la S-T liée au secteur forestier. Cependant, les
fonds consacrés à ces activités de S-T proviennent
en grande partie des gouvernements et de l'industrie.
De 1996 à 2001, les investissements annuels moyens
en S-T des gouvernements fédéral et provinciaux
ont été d'environ 115 et 93 millions de dollars respectivement.
Pendant cette même période, ceux de l'industrie
s'élevaient à environ 208 millions de dollars
(figure 6.5a). Les sommes investies par le fédéral et
les provinces dans la recherche liée au secteur des
forêts sont surtout concentrées en sylviculture et
autres aspects de la foresterie. De son côté, l'industrie
investit généralement dans la recherche sur les produits
forestiers. De 1996 à 2001, les sommes investies
par l'industrie dans la recherche en sylviculture et
autres aspects de la foresterie ont été en moyenne
de 14,5 millions de dollars par année. Pendant cette
même période, la recherche menée par l'industrie
sur les produits forestiers n'a cessé de s'intensifier.
L'augmentation la plus significative de ces investissements
a été observée dans le secteur des pâtes et
papiers, où les sommes consenties sont passés de
125 millions de dollars en 1996 à 254 millions en 2001.
Figure 6.5a Investissements en sciences et technologie relatifs aux forêts. (Sources : Statistique Canada, 2001, 2003, 2004)
Les fournisseurs de technologies et de services sont
à l'origine d'une bonne part des innovations dans le
secteur forestier. Ces fournisseurs effectuent des
activités de R-D pour le compte du secteur forestier
et ils intègrent les résultats de leurs recherches à
leurs technologies et à leurs services avant de les lui
revendre. En 1999, le secteur forestier a acheté pour
2,8 milliards de dollars d'innovation intégrée sous
forme de machines et d'équipement de pointe. D'après
les données de Statistique Canada portant sur une
sélection d'entreprises, celles-ci avaient fourni pour
4,8 milliards de dollars d'innovations au secteur forestier
en 1999 (figure 6.5b). Sur le plan de l'innovation,
l'apport du secteur forestier est plutôt axé sur les procédés
que sur les produits. Cet apport, pour le marché
national et les marchés mondiaux, et pour la société
en général, reste à quantifier.
Figure 6.5b Flux des activités de S-T et de l'innovation dans le secteur forestier. *Calculé à partir des tableaux des
entrées et sorties de 1999 de Statistique Canada dans le secteur forestier, en supposant que 10 % de la valeur totale
des produits/services vendus au secteur forestier provenait de l'apport novateur des industries de services ayant fait
l'objet de l'Enquête sur l'innovation de 2003 de Statistique Canada; AFD : aménagement forestier durable. (Source :
Watts et Kozak, 2000)
Il demeure difficile de produire de l'information
exacte et normalisée sur les dépenses en S-T et en R-D
des gouvernements, de l'industrie et des universités.
La faible diffusion des définitions de la R-D établies
et acceptées à l'échelle internationale, comme celles
de l'Organisation de coopération et de développement
économiques, a fait obstacle aux progrès dans ce
domaine. La définition de la R-D continue de faire
problème : les gouvernements utilisent la terminologie
internationale, alors que l'industrie utilise une définition
plus large, d'où les écarts entre les chiffres produits
par les gouvernements et l'industrie. Le suivi
et la diffusion de l'information sur la R-D que font
les fournisseurs de services et de technologies spécialisés
pour le compte du secteur forestier sont d'autres
aspects qui posent problème. Contrairement aux secteurs
de la nouvelle économie dont les fournisseurs
de technologies et de services sont regroupés, les fournisseurs
du secteur forestier sont dispersés et difficiles
à suivre. Ces problèmes ont donné une image inexacte
des investissements en R-D dans le domaine des forêts
qui complique la tâche du secteur quand il s'agit d'attirer
de nouveaux investissements et du personnel
hautement qualifié.
L'éducation et le perfectionnement des compétences
font partie intégrante de l'aménagement forestier durable.
Les professionnels du secteur forestier jouent
un rôle capital dans la gestion de la ressource ainsi
que dans la mise au point de produits et l'amélioration
des procédés.
La demande de professionnels en foresterie ne cesse
de croître. Selon les résultats d'une récente étude
commandée par le Conseil canadien des ministres
des forêts (Enquête nationale sur la demande de forestiers
et de techniciens en foresterie)
7, la demande de
forestiers devrait s'accroître de 3 % dans les cinq
prochaines années à mesure que les professionnels
en poste prennent leur retraite. Même si la demande
de professionnels en foresterie s'accroît, les inscriptions
aux programmes d'études post-secondaires pertinents
ont diminué de 30 % (1998 à 2003). Une pénurie
de professionnels en foresterie serait très préoccupante,
car elle compromettrait la durabilité des forêts du
Canada. Conscient de cette menace, le Conseil canadien
des ministres des forêts travaille de concert avec
les établissements d'enseignement supérieur à promouvoir
les carrières dans le domaine de la foresterie
au niveau post-secondaire.
Malgré la récente baisse du nombre d'inscriptions aux
programmes de foresterie, les niveaux de scolarité
et de compétence de la main-d'ouvre des industries
forestières ont augmenté de 1996 à 2001 (figure 6.5c).
En 2001, 33,6 % des travailleurs en foresterie et exploitation
forestière détenaient un diplôme universitaire
ou un certificat d'études post-secondaires, comparativement
à 31,2 % en 1996. Des tendances semblables
s'observent dans l'industrie des pâtes et papiers, du
bois et du meuble. Au cours de la période à l'étude,
le pourcentage d'emplois qui nécessitent des niveaux
de compétence supérieurs a lui aussi augmenté.
Figure 6.5c Niveau de scolarité des employés de quatre secteurs de l'industrie forestière.
Au cours de l'automne 2003, une nouvelle initiative
audacieuse était lancée afin d'aborder les nombreuses
questions avec lesquelles le secteur forestier est aux
prises. Le Conseil canadien de l'innovation forestière,
un organisme composé de représentants de haut
niveau du fédéral, des provinces et de l'industrie,
élabore actuellement de nouveaux mécanismes de
coordination et de financement de l'innovation dans
le secteur des forêts, lesquels permettront à celui-ci
de relever les défis actuels et futurs, y compris ceux
dont fait état le présent rapport.
7. Conseil canadien des ministres des forêts, Comité des
sous-ministres, 25 mars 2004