DIVERSITÉ BIOLOGIQUE ÉTAT ET PRODUCTIVITÉ DES ÉCOSYSTÈMES SOL ET EAU CONTRIBUTION AUX CYCLES ÉCOLOGIQUES PLANÉTAIRES AVANTAGES ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX RESPONSABILITÉ DE LA SOCIÉTÉ
Droits ancestraux et droits issus de traités Connaissances traditionnelles des Autochtones en matière d'utilisation des terres et d'écologie forestière Bien-être et résilience des collectivités forestières Prise de décisions équitable et efficace Prise de décisions éclairée
Indicateur 6.5.1 Couverture, attributs, fréquence et fiabilité statistique des inventaires forestiers Indicateur 6.5.2 Disponibilité pour le public de l'information sur les inventaires forestiers Indicateur 6.5.3 Investissements dans la recherche forestière, dans la recherche et le développement reliés à l'industrie des produits ligneux et dans l'éducation Indicateur 6.5.4 Statut des lignes directrices et des normes, nouvelles ou mises à jour, relatives aux questions écologiques
Indicateur 6.5.3 - Investissements dans la recherche forestière, dans la recherche et le développement reliés à l'industrie des produits ligneux et dans l'éducation
Indicateur de base


Dans un secteur forestier durable, les sciences et la technologie (S-T) jouent un rôle déterminant. Grâce à la recherche-développement (R-D) et à l'innovation, on peut mettre au point et implanter de nouvelles technologies, améliorer la gestion des ressources, mettre au point de nouveaux produits et améliorer les procédés de fabrication. Tout compte fait, l'innovation - la mise en application des sciences, de la gestion et de la gouvernance - décuple notre pouvoir de création et nous permet d'accroître la valeur de nos ressources. La R-D et l'éducation sont importantes car elles produisent les connaissances de pointe qui, avec la participation du public, amènent l'amélioration continue des normes et des lignes directrices sur l'aménagement forestier, lesquelles servent de référence pour évaluer la performance. La R-D de pointe entraîne, par voie de conséquences, une amélioration des normes et du rendement. Cet indicateur est donc complémentaire de l'Indicateur 6.5.4, qui concerne l'intégration de connaissances nouvelles aux lignes directrices et aux normes relatives aux questions écologiques, et aux Indicateurs 3.1 et 3.2, qui portent sur le respect des lignes directrices et des normes.

Au Canada, l'industrie, le gouvernement fédéral, les gouvernements provinciaux, les universités et les instituts de recherche jouent un rôle important dans la S-T liée au secteur forestier. Cependant, les fonds consacrés à ces activités de S-T proviennent en grande partie des gouvernements et de l'industrie. De 1996 à 2001, les investissements annuels moyens en S-T des gouvernements fédéral et provinciaux ont été d'environ 115 et 93 millions de dollars respectivement. Pendant cette même période, ceux de l'industrie s'élevaient à environ 208 millions de dollars (figure 6.5a). Les sommes investies par le fédéral et les provinces dans la recherche liée au secteur des forêts sont surtout concentrées en sylviculture et autres aspects de la foresterie. De son côté, l'industrie investit généralement dans la recherche sur les produits forestiers. De 1996 à 2001, les sommes investies par l'industrie dans la recherche en sylviculture et autres aspects de la foresterie ont été en moyenne de 14,5 millions de dollars par année. Pendant cette même période, la recherche menée par l'industrie sur les produits forestiers n'a cessé de s'intensifier. L'augmentation la plus significative de ces investissements a été observée dans le secteur des pâtes et papiers, où les sommes consenties sont passés de 125 millions de dollars en 1996 à 254 millions en 2001.

Figure 6.5a

Figure 6.5a Investissements en sciences et technologie relatifs aux forêts. (Sources : Statistique Canada, 2001, 2003, 2004)

Les fournisseurs de technologies et de services sont à l'origine d'une bonne part des innovations dans le secteur forestier. Ces fournisseurs effectuent des activités de R-D pour le compte du secteur forestier et ils intègrent les résultats de leurs recherches à leurs technologies et à leurs services avant de les lui revendre. En 1999, le secteur forestier a acheté pour 2,8 milliards de dollars d'innovation intégrée sous forme de machines et d'équipement de pointe. D'après les données de Statistique Canada portant sur une sélection d'entreprises, celles-ci avaient fourni pour 4,8 milliards de dollars d'innovations au secteur forestier en 1999 (figure 6.5b). Sur le plan de l'innovation, l'apport du secteur forestier est plutôt axé sur les procédés que sur les produits. Cet apport, pour le marché national et les marchés mondiaux, et pour la société en général, reste à quantifier.

Table 6.5b

Figure 6.5b Flux des activités de S-T et de l'innovation dans le secteur forestier. *Calculé à partir des tableaux des entrées et sorties de 1999 de Statistique Canada dans le secteur forestier, en supposant que 10 % de la valeur totale des produits/services vendus au secteur forestier provenait de l'apport novateur des industries de services ayant fait l'objet de l'Enquête sur l'innovation de 2003 de Statistique Canada; AFD : aménagement forestier durable. (Source : Watts et Kozak, 2000)

Il demeure difficile de produire de l'information exacte et normalisée sur les dépenses en S-T et en R-D des gouvernements, de l'industrie et des universités. La faible diffusion des définitions de la R-D établies et acceptées à l'échelle internationale, comme celles de l'Organisation de coopération et de développement économiques, a fait obstacle aux progrès dans ce domaine. La définition de la R-D continue de faire problème : les gouvernements utilisent la terminologie internationale, alors que l'industrie utilise une définition plus large, d'où les écarts entre les chiffres produits par les gouvernements et l'industrie. Le suivi et la diffusion de l'information sur la R-D que font les fournisseurs de services et de technologies spécialisés pour le compte du secteur forestier sont d'autres aspects qui posent problème. Contrairement aux secteurs de la nouvelle économie dont les fournisseurs de technologies et de services sont regroupés, les fournisseurs du secteur forestier sont dispersés et difficiles à suivre. Ces problèmes ont donné une image inexacte des investissements en R-D dans le domaine des forêts qui complique la tâche du secteur quand il s'agit d'attirer de nouveaux investissements et du personnel hautement qualifié.

L'éducation et le perfectionnement des compétences font partie intégrante de l'aménagement forestier durable. Les professionnels du secteur forestier jouent un rôle capital dans la gestion de la ressource ainsi que dans la mise au point de produits et l'amélioration des procédés.

La demande de professionnels en foresterie ne cesse de croître. Selon les résultats d'une récente étude commandée par le Conseil canadien des ministres des forêts (Enquête nationale sur la demande de forestiers et de techniciens en foresterie)7, la demande de forestiers devrait s'accroître de 3 % dans les cinq prochaines années à mesure que les professionnels en poste prennent leur retraite. Même si la demande de professionnels en foresterie s'accroît, les inscriptions aux programmes d'études post-secondaires pertinents ont diminué de 30 % (1998 à 2003). Une pénurie de professionnels en foresterie serait très préoccupante, car elle compromettrait la durabilité des forêts du Canada. Conscient de cette menace, le Conseil canadien des ministres des forêts travaille de concert avec les établissements d'enseignement supérieur à promouvoir les carrières dans le domaine de la foresterie au niveau post-secondaire.

Malgré la récente baisse du nombre d'inscriptions aux programmes de foresterie, les niveaux de scolarité et de compétence de la main-d'ouvre des industries forestières ont augmenté de 1996 à 2001 (figure 6.5c). En 2001, 33,6 % des travailleurs en foresterie et exploitation forestière détenaient un diplôme universitaire ou un certificat d'études post-secondaires, comparativement à 31,2 % en 1996. Des tendances semblables s'observent dans l'industrie des pâtes et papiers, du bois et du meuble. Au cours de la période à l'étude, le pourcentage d'emplois qui nécessitent des niveaux de compétence supérieurs a lui aussi augmenté.

Figure 6.5c

Figure 6.5c Niveau de scolarité des employés de quatre secteurs de l'industrie forestière.

Au cours de l'automne 2003, une nouvelle initiative audacieuse était lancée afin d'aborder les nombreuses questions avec lesquelles le secteur forestier est aux prises. Le Conseil canadien de l'innovation forestière, un organisme composé de représentants de haut niveau du fédéral, des provinces et de l'industrie, élabore actuellement de nouveaux mécanismes de coordination et de financement de l'innovation dans le secteur des forêts, lesquels permettront à celui-ci de relever les défis actuels et futurs, y compris ceux dont fait état le présent rapport.

7. Conseil canadien des ministres des forêts, Comité des sous-ministres, 25 mars 2004