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6.3 Bien-être et résilience des collectivités forestières
L‘aménagement forestier durable est particulièrement important pour les collectivités rurales tributaires des forêts où les coûts sociaux potentiels de pratiques non durables risquent d’être plus élevés que dans les grands centres urbains. Bon nombre de ces collectivités rurales sont des collectivités autochtones dont le bien-être économique et social dépend des forêts qui les entourent. Pour contribuer à l’aménagement durable des forêts, les processus décisionnels doivent tenir compte des besoins des collectivités tributaires des forêts. La relation entre les forêts et les collectivités qui en son tributaires était autrefois centrée sur un flux stable de ressources forestières qui était source d’emplois et d’autres avantages économiques dans une économie locale. De nos jours, l’émergence de l’aménagement écosystémique a fait naître et se développer le concept des écosystèmes humains. Cette relation est maintenant centrée non seulement sur le flux d’avantages procurés à la collectivité, mais également sur la capacité de la collectivité de faire face aux pressions extérieures et aux perturbations causées par des changements sociaux, politiques et environnementaux. Une méthode utilisée couramment pour comprendre la durabilité des collectivités forestières consiste à évaluer la capacité d’une collectivité. Nombre de sociologues évaluent cette capacité en fonction des forces ou des atouts particuliers d’une collectivité qui lui fournissent les outils nécessaires pour réagir à l’évolution constante des systèmes sociaux, économiques ou environnementaux. Ces atouts peuvent être d’ordre naturel (p. ex., air pur et eau propre), humain (p. ex., éducation et santé), économique (p ex., ressources physiques et financières dans la collectivité) et social (p. ex., organisations et réseaux qui facilitent l’action sociale) (Beckley et al., 2002). Les quatre indicateurs de cet élément fournissent de l’information qui peut servir à évaluer les atouts humains, économiques et sociaux des collectivités tributaires des forêts. Tous ensemble, ils donnent un aperçu du bien-être et de la résilience des collectivités tributaires des forêts. Les données compilées pour l’Élément 6.3 laissent voir que la relation entre la dépendance à l’égard des forêts et le bien-être des collectivités varie considérablement. Les collectivités non autochtones tributaires des forêts présentent des niveaux de diversité économique supérieurs à la moyenne, laissant supposer qu’elles sont mieux en mesure de supporter un ralentissement dans un secteur de l’économie que d’autres collectivités rurales non autochtones. Par ailleurs, d’autres indicateurs montrent que les collectivités tributaires des forêts présentent, à quelques exceptions près, des niveaux de scolarité plus faibles que la moyenne, des taux d’emploi plus bas et une fréquence plus élevée d’unités à faible revenu que d’autres collectivités rurales. Ces constatations semblent indiquer que les collectivités non autochtones tributaires des forêts sont associées à des niveaux plus faibles de bien-être et de résilience que d’autres collectivités rurales non autochtones du pays. À l’instar des collectivités non autochtones, les collectivités autochtones tributaires des forêts présentent des niveaux de diversité économique supérieurs à ceux d’autres collectivités autochtones non tributaires des forêts, ce qui permet de croire qu’elles sont mieux en mesure de surmonter les perturbations de leur économie locale. En revanche, la tendance des niveaux de scolarité et les taux d’emploi est la même dans les collectivités autochtones, qu’elles soient ou non tributaires des forêts, contrairement aux collectivités non autochtones. Les données sur la fréquence des unités à faible revenu dans les collectivités autochtones sont incomplètes, d’où la difficulté de tirer des conclusions. Des chercheurs ont étudié la relation entre la dépendance envers les forêts et le bien-être des collectivités (Stedman et al., 2005 et Parkins et al., 2003), mais les tendances pluriannuelles de ces relations sont encore plus ou moins claires. Il faut effectuer d’autres recherches pour comprendre la nature dynamique du bien-être et de la résilience dans les collectivités tributaires des forêts et leurs niveaux relatifs de bienêtre en comparaison d’autres localités rurales. La Stratégie nationale sur la forêt (2003–2008) (CSNF, 2003) du Canada demande aux intervenants du secteur forestier de se pencher sur la question de la durabilité des collectivités forestières et, à cette fin :
En outre, l’Initiative boréale du Nord de l’Ontario vise à assurer la protection et à promouvoir l’aménagement durable des terres et des ressources naturelles situées dans la région boréale du Nord de la province, en partenariat avec plusieurs Premières nations de cette région, afin d’ouvrir des perspectives économiques durables dans les secteurs de la foresterie et de la conservation. Dans son discours du Trône de 2004, le gouvernement fédéral s’est engagé à appuyer le développement économique régional et rural en misant sur le renforcement des compétences, le soutien de la recherche et du développement, le développement des collectivités et l’établissement d’une infrastructure moderne, par exemple un système de transmission à large bande. Ces initiatives et d’autres encore jettent les fondements d’un meilleur avenir pour les collectivités tributaires des forêts, tant autochtones que non autochtones.
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